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Avec l’élection de deux Premiers ministres homosexuels, un vent de tolérance souffle sur l’Europe

Avec l’élection de deux Premiers ministres homosexuels, un vent de tolérance souffle sur l’Europe
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En l’espace d’une semaine, l’Irlande et la Serbie ont fait un grand pas en avant vers l’acceptation en plaçant respectivement à leur tête Leo Varadkar et Ana Brnabic, tout deux ouvertement homosexuels. Dans ces pays d’Europe où pèse lourdement le poids de la religion et de la tradition, assistons-nous au début d’une nouvelle ère ?


 

« Le changement, c’est maintenant », claironnait François Hollande en 2012. En Irlande et en Serbie, il aura fallu attendre 2017, pour un changement tout du moins radical. Le 12 juin dernier, Leo Varadkar a remporté la présidence du Fine Gael, parti de centre-droit irlandais vainqueur des dernières législatives, et par conséquent le titre de Taioseach (chef du gouvernement). S’il est issu de la même famille politique que son prédécesseur Enda Kenny, il ne lui ressemble en rien. Le sexagénaire blanc et expérimenté a légué son siège au plus jeune Premier ministre de l’histoire de l’Irlande, un homosexuel de 38 ans. Né d’un père indien et d’une mère irlandaise, Leo Varadkar, médecin de formation, symbolise donc à lui seul un véritable élan d’ouverture. D’autant plus au sein de ce pays où la religion catholique régit la vie d’une importante frange de la population (78,3%). Si le mariage homosexuel est entré dans la loi en 2015, le recours à l’avortement reste en revanche très limité. Seules les femmes dont la santé pourrait être affectée par une naissance peuvent y avoir recours.

Son orientation sexuelle, Leo Varadkar l’assume mais ne la met pas en avant. Dès 2015, il avait affirmé qu’elle « n’était pas un sujet pour lui et ne devait pas en être un pour les autres ». En revanche, l’élu entend agir sur le plan politique. Clairement marqué à droite, il est souvent assimilé à « La Dame de Fer » britannique, Margaret Thatcher. En témoigne son désir affirmé de lutter contre la fraude sociale, de maintenir les mesures d’austérité en vigueur et de promouvoir le libéralisme sur le plan économique. Quoiqu’il en soit, Leo Varadkar aura fort à faire dans les mois à venir. Les divisions suscitées par sa personne s’ajoutent à celles qui scindent les habitants des deux Irlande depuis des décennies, entre unionistes et républicains. Des divisions exacerbées par le vote du Brexit, l’été dernier.

 

Photo taken at the European People’s Party (EPP) Group Bureau meeting in The Hotel Europe & Resort, Killarney Ireland May 17-18 2012. Picture by Don MacMonagle -www.macmonagle.com

 

En Serbie, un coup politico-médiatique 

 

L’information a provoqué un séisme : le 15 juin dernier, le président serbe Aleksandar Vucic nommait Ana Brnabic Première ministre. Première femme de l’histoire du pays à accéder à cette fonction, cette politicienne sans étiquette est aussi une lesbienne assumée. Un détail qui agace au plus haut point au sein de la coalition au pouvoir, mais aussi et surtout au sein de l’Eglise. A 80% orthodoxe, la Serbie reste une nation foncièrement traditionaliste, d’où le choc interne généré par cette nomination. Pour le président Vucic, cela ne revêt d’aucune importe : « Ses choix personnels ne m’intéressent pas, seuls les résultats comptent », a-t-il déclaré.

Agée de 41 ans, outre son homosexualité, certains lui reprochent son penchant pour l’Occident ainsi que ses origines croates, mal perçues en Serbie depuis les années 90. Ayant effectué de grandes et longues études aux Etats-Unis et en Angleterre, et maîtrisant aussi bien l’anglais que le russe, elle est soupçonnée par une partie des conservateurs d’être un agent infiltré issu de l’Occident. Une rhétorique qui rappelle fortement la période communiste et l’URSS. Une chose semble plus probable, en revanche : à travers la nomination d’Ana Brnabic, il s’agit pour Aleksandar Vucic de donner un coup de projecteur médiatique sur l’évolution des moeurs dans son pays. L’idée serait, à terme, de séduire les Européens et d’obtenir une adhésion de la Serbie à l’Union Européenne.

 

Ana Brnabic, CWP, Pexim fondacija

 

L’arrivée au pouvoir de Leo Varadkar comme celle d’Ana Brnabic traduisent bel et bien une volonté d’ouverture de la part de l’Europe, et ce malgré les protestations qu’elles soulèvent. L’évolution est donc en marche, même dans les pays les plus attachés à leurs traditions. L’avancée reste toutefois fragile. En ce sens qu’il n’est pas à exclure que le règne de l’Irlandais soit chahuté ni que le parlement serbe invalide la nomination d’Ana Brnabic.

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Florian Bouhot

Journaliste en devenir, étudiant actuellement à Paris IV. Citoyen du monde mordu d'actualité internationale, de ballon rond et de sonorités électroniques.

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