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On a vu La Vendéenne – Nantes ARH et on peut mourir tranquille…

On a vu La Vendéenne – Nantes ARH et on peut mourir tranquille…
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Samedi 10 juin 2017, entre 20h30 et 22h30, La Vendéenne a sans aucun doute vécu l’une des plus grandes soirées de son histoire. Si ce n’est LA plus grande. 60 ans après sa création, le club de rink-hockey de La Roche-sur-Yon (Vendée) a remporté son treizième championnat de France après une incroyable remontada. L’ambiance était explosive, les supporters survoltés et le match totalement dingue. Radio Londres y était et a pris son pied. Récit, enflammé.


 

Que le sport est grand et que La Vendéenne est belle. Samedi soir, ce n’était pas que du sport et ce n’était pas qu’une équipe. Elle avait ce petit quelque chose en plus. Qui vous prend aux tripes et qui vous fait tant aimer le sport. Ce supplément d’âme, cette énergie décuplée et cette inconscience juvénile. Cette majestueuse et déraisonnable envie de ne jamais abdiquer. De ne jamais rien lâcher. Qui vous laisse sans voix et qui vous envoie dans une autre dimension. Un monde d’ivresse et de bonheur. Même menée 6 buts à 4. Même lorsque le temps s’égrenait, inéluctablement, n’en finissant plus de rapprocher un peu plus le club d’une lourde désillusion et d’un rêve envolé. Même lorsqu’il ne restait plus qu’une poignée de minutes, peut-être deux, peut-être un petit peu plus et qu’il lui fallait encore trouver le chemin des filets à trois reprises, soit presque autant de fois que durant toute la rencontre, elle y a toujours cru. Comment ? Personne ne le sait. À 6 buts à 4 pour Nantes, je n’y croyais plus. Mes voisins non plus. Parmi eux, Jean-Philippe Brison, responsable de la communication du club. « À ce moment précis, c’était plié dans ma tête ». Pour moi, comme pour eux, cette fois, c’en était fini. La Vendéenne, première avant la rencontre, allait terminer troisième du championnat de N1. Derrière Quévert et Saint-Omer.

 

Nettement dominatrice et beaucoup plus joueuse, La Vendéenne a été trop longtemps maladroite. En 47 minutes et malgré d’innombrables occasions, elle n’a trouvé le chemin des filets qu’à quatre reprises. La suite, tout le monde la connaît…

 

Certains, la mine déconfite et le regard désabusé, mimaient de grands gestes et agitaient leurs mains, comme pour sceller la fin du rêve une bonne fois pour toutes. Oui, c’en était bien fini. Il n’y aurait pas de remontada. Il fallait s’y résoudre, l’accepter comme le fait de délaisser la couronne, celle glanée l’an dernier, pour la douzième fois de son histoire. Pourtant, La Vendéenne a fait tout l’inverse. Comme l’héroïne d’un film apocalyptique, qui force l’admiration et qui ne rend jamais les armes, elle s’est démenée jusqu’à son dernier souffle portée par l’espoir insensé de combler son retard, d’égaliser et de reprendre l’avantage, alors même que tout portait à croire que sa fin était proche et que le couperet allait tomber. Bon nombre d’équipes auraient lâché l’affaire et auraient remis leur quête d’un treizième titre à plus tard, pas elle. La Vendéenne ne n’est jamais avouée vaincue.

Pourtant, chaque but encaissé rendait sa mission plus ardue. Chaque minute qui s’écoulait nous ramenait un peu plus près de la réalité. Chaque tourment l’éloignait davantage du titre. Mais chaque difficulté la rendait plus majestueuse. Plus sublime, plus rayonnante. Plus déterminée à terminer le travail d’une saison. Plus acharnée pour réaliser l’impossible et s’offrir un exploit à la hauteur du club. Un exploit comme le sport en produit avec parcimonie. Un exploit majuscule qui dépasserait l’entendement et qui rappèlerait à tout un chacun, peut-être, la remontada folle du FC Barcelone contre le Paris-Saint Germain d’il y a quelques mois considérée par beaucoup comme LE match du siècle. Bon, il n’est pas question de football ici. D’accord. Reste que les Espagnols avaient réussi l’impensable en inscrivant trois buts en 7 minutes. Trois buts, c’est aussi ce qu’il manquait à La Vendéenne pour toucher son but et être sacrée championne de France. Trois buts, en moins de 2 minutes et 30 secondes. Impossible ? Pas pour elle. Il y en aura un du capitaine, Victor Crespo Oliva, après 47’43’’ de jeu. Il y en aura un deuxième, de Roberto Di Benedetto, après 48’26’’ de jeu. Il y en aura un troisième, enfin, le dernier mais le plus beau, le plus important de la saison, le plus libérateur, le plus délicieux, à moins d’une minute du terme (49’05’’). Signé, Esteve Pujals. Une signature comme une délivrance. 

 

Superbe accolade entre Victor Crespo Oliva et Roberto Di Benedetto au terme de la rencontre. La Vendéenne : « Més que un club ». 



Fin du match. La Vendéenne est au paradis et l’Angelmière peut exploser. Rugir de plaisir et agiter ses drapeaux. La Vendéenne l’a fait. N’allez pas chercher une réponse, vous ne la trouverez pas. Ne regardez pas le ciel, vous ne verrez que le toit de l’Angelmière. C’est la magie du sport qui vient d’opérer, sa beauté. Il est 22h30 et La Vendéenne continue d’écrire sa légende. Les larmes peuvent couler. Les joueurs s’écroulent sur le sol et des cris de joie parcourent l’ensemble de la salle. C’est l’euphorie générale ! Le plaisir est immense, à la hauteur de ce qui vient d’être accompli par les hockeyeurs yonnais. Carlo, le grand frère de la fratrie Di Benedetto, aujourd’hui joueur de La Corogne, a les yeux rougis. Lui aussi n’a cessé d’encourager et d’haranguer son ancienne formation durant toute la rencontre, y croyant toujours, quand bien même la réalité aurait dû le rattraper. Mais ce match n’avait rien d’un simple match. Il n’était pas rationnel. Comme le sport, parfois. L’un de ses deux frères jumeaux, Roberto, tombe, lui, dans les bras de son capitaine, Victor Crespo Oliva, qui le serre très fort contre lui et l’embrasse sur le front. L’image est puissante, pleine de sens. Les deux hommes qui jouaient leur dernier match sous le maillot yonnais n’en reviennent pas, comme tout le peuple rouge et noir. Tous ceux, qui pourront dire dans une semaine, dans un mois, dans un an ou dans dix ans, qu’ils y étaient.

 

C’était un samedi 10 juin 2017, ce soir où s’écrivit l’histoire, ce soir où l’inconcevable se produisit. Des dirigeants aux supporters, personne ne réalisait. Pourtant, La Vendéenne l’avait bien fait. Elle était championne de France pour la treizième fois de son histoire. Après une remontée digne des plus grands, après avoir inscrit trois buts en moins de trois minutes. L’année de ses 60 ans, en plus. Tout un symbole.

 

Les jumeaux, Roberto (à gauche) et Bruno (à droite), rejoindront le championnat espagnol la saison prochaine et le club de Lleida. Ils croiseront leur frère ainé, Carlo (au centre), qui évolue depuis un an à La Corogne.

 

Roberto Di Benedetto, le buteur 

Je ressens beaucoup de fierté, on a marqué l’histoire du club. À la mi-temps, on ne perdait que 2-1. Leur gardien avait été très bon et on s’est dit que ça allait finir par rentrer. À 6-4, c’était beaucoup plus compliqué. Dans nos têtes, c’était quasiment fini… Mais on ne pouvait pas lâcher avant la fin du match, on jouait le titre et il fallait bien finir. On voulait partir en laissant une empreinte et un bon souvenir. Aujourd’hui, si le club est champion, c’est aussi grâce au public. Je remercie les supporters, l’ambiance était folle. Maintenant, on va continuer à profiter et prendre du repos. Car, après, il faudra préparer le Championnat du Monde de Rink-Hockey qui se déroulera en Chine (du 02 au 09 septembre 2017, ndlr).

Bruno Di Benedetto, le défenseur

C’était incroyable, on a vécu un match dingue. C’est vraiment fou, on ne réalise pas trop ce que l’on vient de réaliser. À trois minutes de la fin de la rencontre, l’équipe était troisième derrière Quévert et Saint-Omer et elle repasse première dans les derniers instants. C’est fabuleux, c’est magique pour tous les supporters. L’ambiance au moment de l’égalisation, l’explosion de joie à la fin du match, on n’oubliera jamais ce match ! C’est sans doute le plus beau match que j’ai vécu. Je n’oublierai pas non plus La Vendéenne. Je reviendrai ici très souvent pour voir mes parents, ma famille, ma copine et mes amis. Ce sera toujours un plaisir ! 

 

Jean-Philippe Brison (à droite), le monsieur com’ du club, sera passé par toutes les émotions. Tellement, qu’il peine encore à réaliser.

 

Interview – Jean-Philippe Brison : Au lendemain de cette folle soirée qui s’est terminée en apothéose avec un treizième titre national pour La Vendéenne, que ressentez-vous ? 

De la joie et une grande fierté. On n’a jamais connu ça. C’est un choc incroyable ! On a assisté à un match à l’image du club. Il y a une euphorie assez extraordinaire et un soutien des supporters et des bénévoles, qui font qu’on a la réussite avec nous. Je ne crois pas qu’elle arrive seule, ça fait déjà quelque temps que le club y arrive bien. Notre force, c’est de recruter des joueurs sur l’aspect sportif, mais aussi sur l’état d’esprit !

 

Un état d’esprit irréprochable qui s’est confirmé sur le terrain. Même menés 6 buts à 4 et alors qu’il restait moins de trois minutes, les joueurs ont continué à pousser…

Pour réaliser un exploit comme celui de samedi soir, il faut avoir beaucoup d’envie, une âme en plus, l’amour du maillot et de la gagne.

 

… comme vous, intenable, sur le bord du terrain ? 

(Rires). Je ne tenais plus en place, c’est vrai, mais il y avait une telle adrénaline. On reste avant tout des sportifs (il a été joueur de rink-hockey, ndlr), on avait aussi envie d’être sur le terrain !

 

Le public a également été déterminant dans son rôle de sixième homme… 

Vraiment, on a joué dans une salle pleine à craquer, devant plus de 800 personnes. On a même dû refuser du monde. Aujourd’hui, c’est une satisfaction de voir qu’on attire de plus en plus. La Coupe du Monde de Rink-hockey organisée au Vendéspace en 2015 y est pour beaucoup. Ça fait aussi deux ans qu’on gagne des titres, qu’on fait le doublé et qu’on a de plus en plus de jeunes. Le club évolue très bien et les spectateurs suivent !

 

Et qu’en est-il du statut de sport de haut niveau ? Le rink-hockey va-t-il finalement réussir à le conserver ? 

Je ne connais pas tous les détails mais on va le conserver pour les quatre prochaines années. La nouvelle nous a été confirmée par le ministère. Il n’y a plus qu’à attendre l’officialisation… C’est une bonne nouvelle. Le rink-hockey n’a pas forcément le même nombre de licenciés que les autres sports, mais il mérite de conserver son statut de sport de haut niveau. 

 

Maintenant, comment voyez-vous l’avenir ? Avec six départs majeurs, un arrêt et un nouveau coach, La Vendéenne repart un peu à zéro… 

Il faudra déjà redescendre un peu sur terre et repartir sur un nouveau cycle. Ce n’est jamais une chose facile. Heureusement, on a anticipé avec le recrutement de Miquel Sanchez Sevilla au poste d’entraîneur. On a misé sur lui parce qu’il a beau être novice, il a quand même toutes les capacités pour réussir. Il a une mentalité de gagneur, comme on aime à La Vendéenne. On a fait aussi des paris en engageant deux Espagnols (Josep Hernandez Seaz et Adria Salvado Prats, ndlr) et un Argentin (Esteban Facundo Posito, ndlr). Je peux aussi vous annoncer officiellement que le gardien de l’équipe de France, Lilian Debrouver (du RHC Lyon, ndlr), va nous rejoindre…

 

Face à leur kop, les hockeyeurs yonnais célèbrent leur treizième titre national. Dans l’histoire du rink-hockey français, seul le club de l’US Coutras a fait mieux avec 16 championnats remportés.

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Alexis Vergereau

20 ans, étudiant en Science Politique et à l'Académie ESJ Lille. Correspondant pour le Journal du Pays Yonnais. Mordu du Mölkky, des Canaris et maintenant de Ranieri. #Conceicao2020

Comments

  1. la vandéene 3ème

    je crois que nous n’avons pas la même vision de cette soirée, la subjectivité de l’article est elle même un affront a ce que devrai être la beauté du sport. Peut être aurait il fallu parler des interruption de match à « l italienne » (on peut vous envoyer un électricien si vous voulez. Peut être aurait il fallu nous expliquer les raison du 7 ème but refusé de Nantes moi je cherche encore. et surtout comment de 6-4 à 6-6 les 4 minutes passent en 10 minutes et à 7-6 les 56 secondes passent en ….56 secondes.
    non vraiment parfois le sport n’est pas joli sauf pour les supporters de l’équipe qui bénéficie de « circonstances  » plus que troublante.

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