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« Pacifique » : Disiz La Peste fait peau neuve

« Pacifique » : Disiz La Peste fait peau neuve
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Après un an et demi d’absence et son album Rap machine, Disiz — ou plutôt, Disiz La Peste — revient avec un nouveau style et son ancien nom, pour un album aux allures de retour aux sources.


 

★★★★★ – À voir absolument

 

Un nouveau style

 

Le plus frappant dans cet album semble être la rupture artistique avec son précédent, Rap machine. Il n’est ici plus du tout question des mêmes thèmes, et encore moins du même style musical. Passages slamés, instrus produites par d’autres artistes tels que Stromae, tonalités plus électro, utilisation de vocalises sans oublier certains passages essentiellement musicaux : Disiz innove, explore et expérimente de nouvelles sonorités. On retrouve, toutefois, un retour à des morceaux classiques, avec des punchlines mêlant nouveaux horizons et style d’origine.

 

Un voyage en guise de fuite

 

Dans cet album, on suit Disiz dans sa perdition et dans ses envies d’ailleurs. Le natif d’Amiens décrit un individu perdu au milieu d’un monde homogène, individualiste, emmené par les vagues de nos sociétés qui changent du jour au lendemain. Il incarne même cet individu désabusé, comme dans « Radeau », cherchant à sortir de cette morosité par la drogue, l’alcool ; des passages secrets. Cet album est la quête incessante d’un envol pour « une île au milieu du Pacifique », loin des maux de notre société, que Disiz La Peste décrit d’ailleurs avec une sobriété et une authenticité rare. Parmi ces maux, on retrouve la discrimination raciale, mais aussi (moins grave) le divorce, et tant d’autres phénomènes qui caractérisent une jeunesse dont le futur est indéterminé — chose qu’il a sans doute vécue, ayant lui-même grandi dans une banlieue d’Évry. Ce dernier élément rend son album encore plus personnel. Il dépeint également une société plus dans « l’avoir » que dans « l’être », une société du faux et de l’uniformisation (en atteste son utilisation fréquente du vocodeur). Le monde du rap y passe lui aussi : un rap à l’image de notre civilisation homogène, industrielle et régulée par une loi du succès dont Disiz s’imagine être la victime.

 

Une invitation au rêve

 

Pour oublier un quotidien terne et de plus en plus flou, le rappeur évoque plusieurs échappatoires qui se rapprochent des idéaux baudelairiens, tels que la drogue ou l’alcool… mais également l’ivresse de l’amour — une femme en particulier revient sans cesse dans l’album. Lors de ces parenthèses, c’est un véritable voyage que nous propose Disiz, fait de tonalités planantes aux nuances turquoises ; un voyage vers cette île du Pacifique, loin des rythmes effrénés et des notes graves de la vie quotidienne (« L.U.T.T.E » ou encore « Splash »).

 

Au terme d’un travail visuel et musical qui fait de lui un véritable OVNI dans le rap actuel, c’est un témoignage authentique de notre époque que Disiz La Peste nous conte. Entre rêve et réalité, entre retour aux sources et nouveau style, Pacifique est une oeuvre artistique extrêmement intéressante et d’une rare beauté. À découvrir de toute urgence.

 

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Mathieu Hennequin

Etudiant en L1 Sciences-Politiques à Lille bien que messin d'origine, Académie ESJ Lille. Passionné de Moyen Orient et de raclette.
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