Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Vers la fin du clivage droite-gauche ?

Vers la fin du clivage droite-gauche ?
mm

Emmanuel Macron face à Marine Le Pen, En Marche! (aujourd’hui La République en marche) face au Front National : un deuxième tour qui en aura surpris plus d’un. Une élection présidentielle 2017 inattendue du début à la fin. La scène politique française a été profondément bouleversée. Après le départ ou la défaite des nombreux poids lourds de la politique, est-ce au tour du traditionnel clivage droite/gauche de faire ses adieux ?


 

Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, Manuel Valls, Cécile Duflot : la campagne présidentielle 2017 les a fait tomber les uns après les autres. Victimes des urnes ou de renoncements personnels, les poids lourds de la politique française ont vu leurs ambitions déroutées. Si les français leur ont en partie dit au revoir il pourrait bien en être de même du traditionnel clivage droite/gauche. Le Parti socialiste et Les Républicains étaient les grands absents du deuxième tour de l’élection présidentielle, cédant leur place à En Marche! et au Front National. Un scénario inédit, encore inimaginable il y a quelques mois. Résultat : un paysage politique français profondément bouleversé.

 

Emmanuel Macron, la « troisième voie à la française »

 

Fondateur du mouvement En Marche! et fraichement élu président de la République, Emmanuel Macron aura été la surprise de cette élection 2017. Il y a un an, personne ne l’attendait. Pourtant à 39 ans, Emmanuel Macron remporte l’élection présidentielle, avec une ligne politique proche de celle appliquée par le passé par Tony Blair et Gerard Schröder. Emmanuel Macron n’irait-il pas en direction d’une troisième voie à la française ?

Porté par Tony Blair entre 1997 et 2007 en tant que Premier Ministre britannique, le concept de la troisième voie avait pour but de s’échapper des modèles jugés dépassés pour ouvrir la voie vers un nouveau centre politique. Défini par le sociologue Anthony Giddens, le projet de la troisième voie se structure autour de deux grandes idées. D’une part le souci d’ajuster la politique gouvernementale aux mutations du monde social : la mondialisation et l’individualisation des sociétés. La mondialisation doit être pensée comme une scène privilégiée de l’innovation et face à l’individualisation des sociétés, la politique gouvernementale doit pouvoir mener à une « société de la bienveillance ». D’autre part la volonté de réunir  libéralisme et travaillisme : le socialisme libéral.

Le nouveau président de la République semble dessiner une troisième voie à la française. S’inspirant du britannique Anthony Giddens pour transgresser les clivages politiques classiques, il se pose en alternative à la rupture proposée par l’extrême droite.

 

Le Front National : le « populisme » à la française

 

Le clivage droite/gauche a été plus que jamais remis en cause au coeur de la campagne présidentielle 2017, entre Emmanuel Macron qui appelait à le « dépasser » et Marine Le Pen le qualifiant « d’artificiel ».

À l’heure de Geert Wilders aux Pays-Bas, Beppe Grillo et son mouvement Cinq Étoiles en Italie, ou encore de Norbert Hofer en Autriche, le populisme à le vent en poupe en Europe. Plus qu’une véritable idéologie, le populisme s’est imposé en Europe pour définir un style politique. Un style basé sur l’imaginaire d’un peuple uni devant faire face à des ennemis intérieurs et extérieurs, et d’un peuple souverain devant mener au développement de la démocratie directe. Si cette vague populiste a souvent été associée à une radicalisation de la droite, sa persistance politique témoigne finalement d’une très grande malléabilité idéologique.

« Au nom du peuple », un slogan on ne peut plus clair. Par ces quelques mots Marine Le Pen parait s’inscrire dans la mouvance populiste, remettant en cause au passage le traditionnel clivage droite/gauche. Un brouillage d’autant plus fort que les partis populistes multiplient les références à droite et à gauche de l’échiquier politique.

 

Depuis longtemps annoncé comme dépassé, le clivage droite/gauche surprend toujours par sa résilience et sa capacité à structurer l’espace politique. Si la troisième voie portée avec succès entre 1997 et 2007 par Tony Blair aura durant un temps permis de dépasser le traditionnel clivage droite/gauche, ce dernier n’aura pas tardé à faire son retour sur la scène politique britannique. La France suivra-t-elle le même chemin ou au contraire marquera-t-elle sa différence en dépassant une bonne fois pour toute le classique clivage droite/gauche ? Autre menace, le populisme. « Ni de droite, ni de gauche » clame le Front National, l’idée est très clairement affichée : en finir avec le traditionnel clivage. La scène politique française est-elle en train de se réformer durablement ? Phénomène passager et indicateur d’un bouleversement futur ?

The following two tabs change content below.
mm

Joséphine Fonteneau

Etudiante en Sciences politiques, journaliste en devenir, en quête de voyages et d’aventures
mm

Derniers articles parJoséphine Fonteneau (voir tous)

Submit a Comment