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Asgardia, vers les nouvelles frontières de l’humanité

Asgardia, vers les nouvelles frontières de l’humanité
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Ce qui semblait n’être qu’une utopie il y a quelques années est en passe de devenir une réalité. Asgardia pourrait bien devenir la première nation spatiale indépendante, en charge de la paix internationale et spatiale, et vouée au progrès de l’humanité.


 

Le 12 septembre prochain, le satellite Asgardia-1 sera lancé en orbite autour de la Terre. Il contiendra des données personnelles des citoyens de l’auto-revendiquée toute première nation spatiale : Asgardia

Ce projet farfelu semblant sorti tout droit d’un film de science fiction est pourtant bien réel. Il a été lancé en octobre 2016 par le scientifique russe Igor Ashurbeyli et une équipe de chercheurs internationaux, avec l’objectif de créer une nation pacifique et transnationale, ouverte à toutes et tous, et qui assurerait le maintien de la paix dans l’espace ainsi que la protection de notre planète :

 

«Nous, les gens d’Asgardia, ferons tout pour la prospérité de notre nouvelle nation spatiale créée par nous ; pour la protection de notre patrie – la planète Terre ; et le développement de toute l’humanité dans l’espace.»

 

Une démocratie idéale ?

 

D’après sa déclaration d’Indépendance, la nation Asgardienne offre à n’importe quel humain, sans distinction de genre, pays d’origine, religion, la possibilité de devenir citoyen. Il suffit pour cela de s’inscrire sur le site internet et après certaines vérifications, la nationalité est offerte au postulant. Ainsi, si seulement trois semaines après l’ouverture du site, il y avait déjà 500 000 inscrits, le nombre officiel de citoyens est actuellement d’environ 250 000, ce qui fait pointer Asgardia à la 183ème place théorique du classement des pays au nombre de citoyens.

Ces citoyens ont aujourd’hui la possibilité de ratifier la Constitution (elle a recueilli pour le moment près de 63 000 signatures). Ils peuvent également commencer à voter, par un système qui ressemble à priori à celui des grands électeurs, pour le Parlement. Une fois la Constitution actée, des élections pour élire un nouveau chef d’Etat auront lieu. Igor Ashurbeyli assure pour le moment cette fonction.

Ce dernier préside Asgardia avec l’aide d’un gouvernement composé de onze ministères. Un douzième devra être voté par les citoyens. Il sont également appelés à se prononcer sur le drapeau et sur l’hymne national.

Asgardia est-elle LA nation où il fera bon vivre ? Avec un système méritocratique où chacun est le bienvenu, fondé sur la progression de l’humanité, au nom de la science et de la protection de l’espace, elle en donne en tout cas l’impression. Même si pour l’instant, le projet n’est pas encore abouti, et le chemin est encore long et semé d’embûches.

 

L’épineuse question de la légalité 

 

Igor Ashurbeyli doit donc faire face à de nombreuses questions avant que les Asgardiens puissent vivre sur une plateforme spatiale. Outre les difficultés techniques, il se heurte pour le moment à des problèmes strictement légaux et juridiques.

Premièrement, Asgardia cherche la reconnaissance de l’ONU. Malheureusement, elle doit posséder des frontières terrestres pour être reconnu comme une nation indépendante. De plus, le traité de l’espace de 1967 interdit toute appropriation de l’espace (article 2 du traité), et un satellite détient la nationalité du pays duquel a lieu le lancement. Ainsi, un objet envoyé depuis la France sera immanquablement sous juridiction française (article 8 du traité)…

Pour Philippe Achilléas, spécialiste du droit international et du droit de l’espace, ce problème d’immatriculation est difficilement solvable. Les dirigeants d’Asgardia pourraient envisager d’obtenir un zone terrestre propre, qui feraient d’eux une nation possiblement reconnu. Malheureusement, les « Terra Nullius » (territoire vierge) n’existent plus et « il faudrait qu’une région fasse sécession ». La deuxième option serait « de procéder à un lancement depuis la haute mer, en eaux internationales, depuis une « plateforme pirate » non immatriculée…». Autant dire que ce n’est pas gagné.

Asgardia devra également se prémunir sur le plan démocratique de certaines dérives ; Igor Ashurbeyli devra peut-être être remplacé dès les prochaines élections, sous peine de voir se mettre en place un régime où le chef d’Etat deviendrait intouchable… On dispose également de très peu d’informations sur l’aspect financier de toutes les démarches qui restent à effectuer.

 

La route est longue mais ce projet incroyable a le mérite de susciter l’émerveillement. Il réveille en chacun le rêve et rend accessible un monde que nous ne connaissions qu’à travers la science-fiction. La motivation issue de ce potentiel imaginatif donne certainement toute la force à cette nation en construction qui doit encore relever de nombreux défis, tant sur le plan de la construction démocratique que sur celui de la reconnaissance internationale et de l’innovation technologique.

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Martin Hortin

Etudiant en électronique mais passionné par l'écriture, l'actu, et le sport, j'espère pouvoir transmettre certaines clés pour une meilleure compréhension de notre monde !

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