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L’économie sociale et solidaire est-elle l’avenir du capitalisme ?

L’économie sociale et solidaire est-elle l’avenir du capitalisme ?
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Alors que le capitalisme moderne cumule de très nombreuses critiques, des initiatives socio-économiques mettent l’humain plutôt que le profit au centre des intérêts. Le but est de changer le fonctionnement de notre société actuelle.


 

Les origines de l’innovation sociale

 

Depuis sa prolifération au XIXème siècle, le capitalisme cumule de nombreuses critiques. Pour y pallier, certains on penser à inventer un tout autre modèle, comme le communisme, ou alors à modifier son fonctionnement depuis l’intérieur comme l’Économie Sociale. Cette dernière se définit comme ayant le but de créer collectivement pour le bien commun. Ainsi, l’Économie Sociale sera un pilier de création pour des syndicats, associations, coopératives…

Plus tard, les années 70 sonnent la fin des trente glorieuses. Dans ce contexte de marasme économique et d’apparition de nouveaux défis, l’innovation sociale va se diversifier. C’est ainsi que l’on va inventer l’économie solidaire, à savoir la création collective de solution aux problèmes d’intérêts généraux. Ces solutions sont le commerce équitable, le développement durable, le microcrédit, etc. On regroupe alors les acteurs l’économie sociale et l’économie solidaire sous un même agrégat : l’Economie Sociale et Solidaire (ESS).

Puis dans les années 90, l’ESS s’institutionnalise et prend de l’ampleur. Des agences privées et institutions publiques vont être créées pour favoriser, éduquer et accompagner les projets de l’ESS. C’est ainsi qu’aujourd’hui l’ESS représente 10% du PIB et 2,4 millions de salariés en France. Puis de nouvelles initiatives sont apparues, comme l’entrepreneuriat social, qui a la même philosophie que l’économie solidaire, mais sans l’aspect collectif. Chacun peut entreprendre sur une innovation sociale plus facilement et avec peu de moyens humains.

Une autre très grosse avancée de ces dernières années qui symbolise peut-être l’apothéose du changement est le social business. Cette fois-ci, ce sont de très grosses structures privées comme des entreprises du CAC40, holdings ou firme internationales qui peuvent trouver des solutions à des problèmes sociaux. 

 

Pourquoi faire de l’innovation sociale ?

 

Pourquoi une entreprise prend le chemin de l’innovation sociale, qui semble contraire à son but purement lucratif ? Dans une interview accordée au Monde, le Directeur Général du Groupe SOS, Mathieu Taugourdeau explique pourquoi des personnes, et surtout de jeunes se lancent :

« Les générations qui ont vu leurs parents cassés après une vie de production en usine, au SMIC à 60 ans, se sont interrogées sur les conditions de travail et le sens de cette activité. Les jeunes qui se retrouvent sur le marché du travail aujourd’hui ont été sensibilisés à ces enjeux et ont d’autres envies. Enfin, la crise actuelle ajoute certainement une goutte d’eau, les gens étant dégoûtés des scandales financiers, bien que ces derniers ne soient pas nouveaux. »

Très bien pour les personnes comme vous et moi. Or, comment cela se passe pour des grands groupes ? Quels sont leurs intérêts là-dedans ? Cette fois-ci, c’est le promoteur du social business Muhammad Yunnus qui répond à cette question dans une interview de L’Express.

« Le plus grand pas est de réussir à susciter l’intérêt de ces groupes, à les convaincre de se lancer dans cette expérience inhabituelle, où le profit n’est pas la motivation première. Ces entreprises découvrent alors une nouvelle source de plaisir, subtile, liée au fait de résoudre un problème social. Les salariés impliqués apprécient de donner du sens à leur travail, et cela constitue donc un outil de fidélisation. Le social business s’infiltre dans les rouages des multinationales. Jusqu’où cela ira-t-il ? Je ne le sais pas. »

 

Le futur que nous promet l’innovation sociale

 

Finalement, quel va être le futur de l’innovation sociale dans notre quotidien et dans l’économie d’aujourd’hui ? Difficile à dire, le phénomène est beaucoup trop récent pour que des études sérieuses soient faites. Néanmoins, si cela est une réussite complète, de réels changements pourraient avoir lieu. D’abords, pratiquement tous les besoins sociaux seront couverts d’une façon ou d’une autre. L’impact sociétal d’une entreprise sera très important, au même titre que ses bénéfices. L’économie locale se portera bien mieux qu’aujourd’hui, car l’une des composantes les plus importantes de l’ESS est la valorisation de la production et de la consommation locale. Une autre conséquence d’un capitalisme « socialisé » est l’affaiblissement de l’Etat sur les questions sociales. En effet, ce dernier peut perdre le monopole des décisions sociales sur ses citoyens, au profit des associations, entrepreneurs sociaux et business sociaux.

Néanmoins, ce monde est encore loin du nôtre. Il reste en effet de grosses difficultés à surmonter pour l’innovation sociale. D’abord il faut que l’ESS règle son problème de dépendance à l’Etat. En effet, l’ESS est à très grande majorité représentée par des associations qui sont totalement dépendantes des subventions de l’État. Si aucune solution n’est trouvée, il est peu probable que l’ESS envahisse tous les champs de l’économie. Elle restera un secteur en bonne santé certes, mais spécifique et sans possibilité de s’étendre.

Un autre défi est la concurrence avec les entreprises à but purement lucratif. Car des entreprises sont à la recherche de nouveaux marchés, et ils peuvent entrer en concurrence avec des entreprises sociales. C’est déjà le cas avec les maisons de retraite ou la garde d’enfants. On observe en plus que l’innovation sociale se développe surtout en temps de crise. Comme c’est le cas en Grèce par exemple. Ainsi, il n’est possible que l’innovation sociale ne soit qu’une réponse provisoire aux crises.

 

Il reste beaucoup de travail avant d’avoir réellement un modèle viable. Mais au vu du chemin parcouru et des avancées effectuées ces dernières années, il est évident que l’innovation sociale va changer le visage de notre économie. 

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Martin Rabaud

Bordelais de 17 ans, étudiant en première année d'école de commerce. Curieux de l'actualité politique, économique, sociale et internationale.

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