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Corée du Nord : la pression monte (encore) d’un cran

Corée du Nord : la pression monte (encore) d’un cran
Léa Gorius

Parce qu’il semble que ce soit son mode d’expression favori, Donald Trump a encore une fois usé des 140 caractères de Twitter ce 29 juillet pour critiquer, cette fois, la passivité de la Chine dans la gestion du problème nucléaire nord-coréen. Sa déclaration est intervenue au lendemain de l’annonce par la Corée du Nord de la réussite de son plus puissant tir balistique intercontinental qui aurait la capacité de toucher la côte Est des États-Unis.


 

« Je suis très déçu par la Chine… Ils ne font rien pour nous en Corée du Nord, juste parler ». Ce tweet du Président américain daté du 29 juillet replonge au cœur de l’actualité les tensions qui s’exercent en ce moment du côté de la mer de Chine, un véritable sac de nœuds d’alliances basées sur des intérêts économiques et stratégiques propres à chacun et complexes à concilier.

 

La Corée du Nord, catalyseur de tensions multiples

 

Au centre de ce réseau d’alliances : la Corée du Nord, régime autoritaire sous l’égide de Kim Jong-un, leader communiste adulé qui, depuis mai 2016, développe activement l’arsenal nucléaire du pays. Officiellement dans le but de se prévenir d’une éventuelle invasion américaine par la Corée du sud où 28 000 soldats américains sont stationnés, le pays en est déjà à son 6ème essai nucléaire et dispose d’un léger arsenal de bombes atomiques.

Cependant et bien que l’Onu somme le pays de stopper ses agissements, Pyongyang a annoncé le 28 juillet avoir réussi un tir balistique intercontinental qui lui permettrait d’atteindre n’importe quel point sur le territoire américain, un « sévère avertissement » au pays d’oncle Sam qui veut durcir davantage les mesures punitives en envers le régime des Kim.

 

La Chine se la joue agent double

 

Si le petit pays asiatique peut se permettre de provoquer l’une des plus grandes puissances militaires du monde, c’est parce qu’elle a un allié de poids : la Chine de Xi Jinping.

Pourtant grande alliée économique des États-Unis – notamment sur le plan commercial –, la Chine soutient ouvertement le régime dictatorial nord-coréen : ayant une frontière en commun avec la Corée du Nord, elle aide le régime communiste à se maintenir en place par peur que la Corée du Sud envahisse la zone et ouvre une brèche aux États-Unis, qui auraient alors accès à son territoire national.

Paradoxalement, malgré son soutien à Pyongyang, elle a déjà appelé plusieurs fois son protégé à respecter les résolutions du conseil national de sécurité de l’Onu – dont elle est membre – qui lui demande de cesser ses essais belliqueux. Ces sommations rentraient dans le cadre d’engagements que devait tenir la Chine si elle voulait continuer à entretenir de bonnes relations avec les pays occidentaux et notamment avec les États-Unis.

Cependant, avec la récente déclaration du Président américain qui explique ne plus vouloir laisser continuer l’inaction de Pékin dans le dossier nucléaire nord-coréen, ces relations diplomatiques et commerciales pourraient bien être remises en jeux, une situation crainte par la Chine qui a déclaré par l’intermédiaire de son vice-président du commerce : « Nous estimons que le problème du nucléaire nord-coréen et les échanges commerciaux sino-américains sont deux sujets distincts, appartenant à des domaines complètement différents »

 

Récemment, en plus de la Chine, la Russie a été imputée d’une « responsabilité spéciale » dans la menace nord-coréenne du fait de son « soutien économique au programme nucléaire balistique » par Rex Tillerson, le secrétaire d’Etat américain. Ainsi se dessine une crise dont la Corée du Nord cristallise toutes les tensions mais qui semble affecter les plus grandes puissances mondiales du fait d’un traditionnel jeu d’alliances…

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Léa Gorius

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