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De « Diabolo Menthe » à « LOL » : au cinéma, l’adolescence intemporelle

De « Diabolo Menthe » à « LOL » : au cinéma, l’adolescence intemporelle
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Diabolo Menthe fête cette semaine ses 40 ans et ressort dans quelques salles. L’occasion de revenir sur l’héritage de ce film culte qui a inspiré et inspire encore le teen-movie à la française.


 

« – Moi j’ai couché avec un garçon.  

(…)

– Qu’est-ce qu’il s’est passé ?

– Il s’est allongé à côté de moi et il a lu un Spirou. »

 

La scène est censée se passer en 1963. Assises sur un banc du lycée Jules Ferry, en blouse blanche, trois collégiennes discutent. Elles ont 13 ans. Aujourd’hui, cette conversation paraîtrait peut-être, sûrement, surréaliste. Pourtant, nombre de teen-movies français (films relatant le quotidien d’ados), doivent beaucoup à Diabolo Menthe.

Dans leur intrigue tout d’abord. Diabolo Menthe et les films qui lui ont succédé ne racontent pas d’histoire particulière. On suit un quotidien, banal le plus souvent, de jeunes gens qui deviennent des jeunes adultes. On les suit en cours, entre amis, en soirées… Les engueulades des parents, les premiers émois amoureux : le pitch est toujours le même sur le fond. La forme, elle, varie au gré des époques.

 

Sophie Marceau, héroïne du film « La Boum » (1980) (Copyright La Bäm Filmverleih)

 

Dans Diabolo Menthe, Anne se fait sermonner parce qu’elle porte des collants et va « dans des cafés ». Le film est censé se passer en 1963. Cinq ans plus tard, les évènements de mai 68 permettront une évolution et une libération des moeurs.

En 1980, Claude Pinoteau réalise La Boum. Cette fois, Victoire, incarnée par Sophie Marceau, se fait sermonner parce qu’elle est montée sur une moto. Presque 30 ans plus tard, c’est cette même actrice qui dit à peu près la même chose… à celle qui joue sa fille. Une preuve que le temps a passé mais que rien n’a profondément changé dans la vie adolescente. En effet, en 2009, Lisa Azuelos crée la surprise avec LOL (Laughing Out Loud)® et remet au goût du jour les codes de Diabolo Menthe sans jamais s’en éloigner. Les préoccupations sont toujours identiques : les amis, les amours, les mauvaises notes, la quête de soi… Même si certains thèmes comme la sexualité, par exemple, sont abordés plus librement.

De film en film, on réalise ainsi que l’adolescence cherche à s’émanciper au risque, parfois, de se perdre dans ce grand bain de liberté. On dépasse ses limites, on veut aller jusqu’au bout. Le tout, au son d’une chanson qui fera le succès du film et l’hymne d’une génération : Diabolo Menthe d’Yves Simon, Reality de Richard Sanderson dans La Boum, ou encore Little Sister de Jean-Philippe Verdin dans LOL (Laughing Out Loud)®.

 

Presque 30 ans plus tard, Sophie Marceau ne joue plus le rôle d’une ado mais celui d’une mère dans « LOL » (Copyright David Koskas)

 

La réédition de Diabolo Menthe plaira donc autant aux ados des années 1960 qu’à ceux de 2017. Ces derniers découvriront ce qu’était le quotidien de leurs aînés 50 ans plutôt. Mais ils se rendront surtout compte qu’en réalité, passé un mode de vie quelque peu différent, rien dans la manière d’appréhender l’adolescence n’a fondamentalement changé. Certes, on ne parle plus de « boum » mais de « soirée ». Certes, la Main Jaune, piste de danse sur patins à roulettes dans La Boum est maintenant fermée : les ados disent désormais « boîte » et non plus « discothèque »Certes, on boit moins de « diabolo menthe » et plus de Coca Zéro. Mais l’adolescence, elle, reste la même.

 

Diabolo Menthe (1977), de Diane Kurys, actuellement en salles.

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Hortense Crépin

Étudiante en Droit à l'Université de Lille 2 et à l'Académie ESJ Lille.

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