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Portraits d’une jeunesse vénezuelienne qui aime son pays

Portraits d’une jeunesse vénezuelienne qui aime son pays
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« Le Venezuela de mes rêves, est un Venezuela de futur et d’opportunités. C’est le Venezuela que nous allons construire avec nos mains après avoir gagné la bataille. Un Venezuela de tolérance et de respect, où les idéaux politiques ne sont pas discriminations, où tout le monde peut venir et devenir. »  Andrés A. Baffigo Carrasquel est Vénézuélien. Voici ce à quoi il aspire pour son pays. Rencontre avec trois jeunes, qui rêvent d’un plus beau Venezuela, et qui se battent chacun à leur manière, chaque jour.


 

Le 31 juillet dernier s’est tenu l’élection des députés de l’assemblée constituante qui seront chargés de rédiger la nouvelle Constitution du pays. Une élection non sans heurts et contestations mais qui s’est soldée par une relative résignation des Vénézuéliens et un probable retour au calme. Mais l’événement de la mutinerie du 6 août a fait basculer le pays d’un cran dans l’incertitude et l’indécision face à l’avenir, ainsi affrontements et retournements de situation sont imprévisibles.

Malgré ce climat tendu et très peu favorable à l’épanouissement de la jeunesse ; l’amour d’un pays aussi riche par ses paysages que par ses habitants, pousse certains jeunes à rester et se battre pour le Venezuela de leurs rêves. Au travers de différents modes d’actions et de protestations la jeunesse vénézuélienne s’exprime. Tentons de comprendre pourquoi et comment, grâce aux témoignages de trois étudiants : William Andrés Colmenares, Andrés A. Baffigo Carrasquel et Gabriel Cabrera Perozo.

 

William Andrés Colmenares Maita

 

William est un étudiant rencontré en France lors de son année à l’étranger avec le programme du Rotary Club. Il est aujourd’hui étudiant en médecine, enfin quand les cours sont dispensés. En effet il affirme, « mon université est en arrêt car nous sommes en train de lutter contre le régime qui veut couper notre avenir. Et c’est ainsi pour toutes les autres universités du pays. » C’est une des répercussions de la crise économique et sociale dans sa vie quotidienne, parmi de nombreuses autres. Il n’a par exemple pas pu « dire au-revoir à plus de 15 de ses amis proches ce mois-ci, parce qu’ils sont partis vivre à l’extérieur, à la recherche d’un meilleur avenir. » Il relève aussi que 60% de la population ne peut pas se nourrir à sa faim, ce qui contribue à augmenter le taux de malnutrition infantile. Son père travaillant dans l’industrie alimentaire et par conséquent étant en contact avec de nombreuses grandes surfaces, lui et sa famille ne se voient pas très affectés par cette crise alimentaire. Cependant dans le reste du pays « on en est venu à ce que chercher de la nourriture dans les poubelles soit quelque chose de normal. » William explique que le gouvernement de Maduro a nationalisé certains secteurs, et les a mal gérés au point de d’engendrer l’effondrement d’entreprises, dont certaines dans le domaine de l’alimentaire. Ce facteur combiné au fait que le salaire moyen soit très faible, une grande partie de la population ne se nourrit que 1 ou 2 fois par jour.

 

« L’espoir d’un meilleur Venezuela est toujours vivant. »

 

C’est pourquoi « chacun a trouvé des donations et nous avons réussi à faire 80 repas que nous avons donné aux enfants et aux familles dans le besoin. » Depuis lui et ses amis continuent de trouver de l’argent et nourrir, principalement de pâtes et de viande hachée, leurs compatriotes. Ils ont pu faire jusqu’à « 200 repas », sous le nom de l’association Dar es vivir. Mais toujours en tentant au maximum d’enlever le côté politique de la situation et simplement « partager des moments de joie« . Pour lui et ses amis « l’espoir d’un meilleur Venezuela est toujours vivant. »

 

Jeunes de l’association Dar es vivir de Abastecimiento y Producción’

 

Andrés A. Baffigo Carrasquel

 

D’autres comme Andrés, (mais aussi William), souhaitent s’engager pleinement dans la politique. De fait, le pays regorge « de personnes indifférentes aux problèmes du pays« , ainsi « le sentiment invincibilité du gouvernement gagne les citoyens, et cette vision favorise l’idée que la population ne peut pas changer les choses. » Pourtant lors de la dernière consultation populaire sur la question de l’assemblée constituante, le régime avançait le chiffre de 8 millions de votants sur les 30 millions d’habitants ; alors que selon les Vénézuéliens les bureaux de vote étaient vides comparé à la consultation populaire organisée par l’opposition et qui avait réuni pas moins de 7 millions de votants pour des bureaux bien plus remplis. La population peut donc changer les choses à condition que le gouvernement ne l’en empêche pas.

Cette part de la population qui souhaite s’exprimer, dont fait partie Andrés, s’est unie dans un mouvement populaire reconnu comme parti en 2011 : ‘Voluntad Popular’. Lui, est responsable jeune du parti dans sa municipalité qu’est Naguanagua. Il dit « chaque jour je lève ma voix contre les injustices au Venezuela. » Son activisme politique se traduit néanmoins par des actions « pacifiques et sans violence. » Par exemple ils ont peint des murs et des routes, organisé de nombreuses marches de protestations et des réunions de débat.

 

Jeunes engagés dans la parti Voluntad Popular (en partant de la gauche : 1 – William, 4 – Andrés)

Au delà de cet engouement politique national, lui et ses amis estiment indispensable la pression internationale. Il faut appuyer le fait que le gouvernement de « Maduro va à contre sens des droits de l’homme », et pour éviter une crise si grave que celle du Proche et Moyen-Orient, « la solidarité internationale est nécessaire. »

 

Gabriel Cabrera Perozo

 

Ce que Gabriel, lui, retient c’est que « la démocratie est morte pour le régime totalitariste et communiste de Maduro. » Il faut alors rendre au peuple la liberté d’expression qui lui est due mais encore une fois de manière pacifique. Selon lui l’avenir du Venezuela est « dans la nouvelle génération politique qui se forme pour le futur. » C’est pourquoi la jeunesse est si importante pour le dynamisme et la liberté du pays. Ainsi les mouvements étudiants seraient ceux les plus forts de sens car ils portent un message de paix et de volonté d’avancer vers un avenir meilleur dans lequel ils pourront s’épanouir. Gabriel est coordinateur du ‘movimiento estudiantil – DALE UC’ (en français ‘mouvement étudiant – Leadership alternatif pour les étudiants (DALE) Université de Carabobo (UC) ), qui s’occupe de l’organisation de manifestations dans la province du Carabobo où se situe la deuxième ville du pays, Valencia. Cependant il considère que le régime réprime leurs actions pacifiques avec violence « comme aux Etats-Unis en 1960, et en Ukraine plus récemment. »

 

Arbre peint par le jeunes du mouvement étudiant de Carabobo, pour un monde « sin mordaza » (sans baillons)

 

Pour conclure, le Venezuela traverse une crise sans précédent qui mérite que l’on s’y intéresse un tant soit peu, comme pour soutenir le combat de ces jeunes menés par l’amour de leur pays. Leurs actions toutes aussi respectables et courageuses les unes que les autres sont celle d’une jeunesse forte, qui combat un régime répressif au quotidien. Andrés, fort de ces paroles, répond à la question « quelle est la personne qui inspire ton combat ? » par « Je crois que l’inspiration ne vient pas d’un personnage, mais du souhait d’être libre. »

 

« LE VENEZUELA SERA LIBRE. LIBERTÉ OU RIEN. »

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Timothé Perrier

Etudiant en terminale ES, qui n'a qu'une seule envie : comprendre le monde dans lequel il vit. Ma motivation quotidienne "je crois que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n'abandonne jamais" - Xavier Dolan.

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