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« The Defenders », réunion en demi-teinte

The Defenders
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La réunion de quatre super-héros, torturés par leurs doutes et leurs passés tumultueux, pour sauver la ville de New-York : tel est le sujet de la nouvelle série Marvel The Defenders.


 

Quatre super-héros solitaires : le démon de Hell’s Kitchen, avocat le jour et ninja aveugle la nuit, Jessica Jones la détective alcoolique et impertinente, Luke Cage l’ancien prisonnier insensible aux balles, Danny Rand le jeune milliardaire amateur de kung-fu. Ensemble, ils doivent s’unir malgré leurs doutes et leurs méfiances pour vaincre une organisation criminelle immortelle qui a pour but de détruire New York : ce sont les Defenders.

 

★★★☆ – À voir

 

Avant toute chose, un avertissement : si vous n’avez pas vu les deux saisons de la série Daredevil et les premières saisons des séries Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist, regarder The Defenders revient à passer à côté de beaucoup de thèmes et de développements de la série. Vous voilà prévenus.

 

Quatre univers qui cohabitent

 

Le grand enjeu de cette série est d’arriver à faire co-exister les quatre univers de ces héros mis en place dans leurs séries respectives. Marvel reproduit ici ce qu’il a fait sur grand écran avec Avengers : un collectif de super-héros tous différents et dont le passé a été développé dans des films individuels pour chacun. Cependant, si les Avengers ont pour but de sauver l’humanité, les Defenders se restreignent uniquement à New York, la ville qui les relie tous et à laquelle ils tiennent. Par ailleurs, l’humain rentre en ligne de compte : les héros ne s’engagent pas dans cette lutte pour la gloire ou le prestige, mais pour défendre des gens auxquels ils tiennent. Le lien affectif est ici très fort : Daredevil tient à sa ville et à ses habitants, Jessica Jones veut des réponses pour la famille d’un client, Luke Cage veut défendre les adolescents d’Harlem et Danny Rand veut venger la cité qui l’a élevé. Ces héros sont également plus fragiles, plus sensibles et moins infaillibles.

La réunion des univers des héros nécessite d’intégrer leurs sidekicks : Foggy et Karen pour Matt Murdock alias Daredevil, Trish et Malcolm pour Jessica, Misty pour Luke et Colleen pour Danny. Le personnage de Claire qui lie chaque héros pour les avoir rencontrés et surtout soignés dans chaque série est bien entendu présent… et a d’ailleurs bien évolué : si dans la saison 1 de Daredevil (sa première apparition), elle n’est qu’une infirmière, certes très courageuse, ici elle prend part à l’action et gagne une véritable importance dans la série.

 

© Netflix

 

Le début de la série nous présente chaque héros et les situe dans leur contexte : Matt essaye de s’éloigner de Daredevil et d’être un avocat bénévole, Jessica tente d’oublier sa confrontation avec Kilgrave, Luke sort de prison et aspire à retrouver Claire et son quartier d’Harlem, et Danny continue son combat contre La Main à travers le monde. Il faut bien apprécier les quatre personnages qui s’entremêlent jusqu’à leur réunion qui se fait un peu attendre : on doit suivre chacun depuis le moment où on l’a laissé, jusqu’à ce qu’ils rencontrent les autres (dans une scène de combat particulièrement intense), en passant par le moment où ils s’intéressent à l’affaire. La fluidité du récit est donc progressive, s’améliorant d’épisode en épisode, mais retombant un peu vers la fin — d’autant que les dialogues semblent, au bout d’un certain temps, tourner en rond. Côté déception, le personnage de Luke Cage est également assez peu travaillé : il semble être juste là pour ses muscles et sa force et sa résistance aux balles.

Les combats, en revanche, sont le gros point fort de la série, avec un travail de chorégraphie impressionnant, quoi qu’un peu moins qu’avec Daredevil. Si la violence est esthétisée et peu édulcorée, c’est surtout la ville de New York qui est au cœur du combat des héros, avec de beaux paysages. Chaque quartier a d’ailleurs son esthétique propre : Hell’s Kitchen pour Daredevil, Harlem pour Luke et Wall Street pour Danny.

 

Pour quel enjeu ?

 

Le grand ennemi des Defenders est La Main. Organisation très puissante avec à sa tête un groupe d’immortels dont certains sont nous déjà connus : Madame Gao, qui a affronté Daredevil et Iron Fist, mais aussi Bakuto, qui est l’ancien maître de Colleen et l’un des antagonistes dans Iron Fist. La Main a pour chef Alexandra (incarnée par Sigourney Weaver), dont on sait finalement peu de choses : mélomane et grande voyageuse, elle est gravement malade et n’a qu’une obsession, retourner à K’un-Lun, cité mystique où Danny a passé quinze ans afin de devenir le Iron Fist et d’où La Main est issue à l’origine, afin d’être soignée. Cependant, si La Main paraît extrêmement puissante dans Daredevil ou dans Iron Fist, avec des nombreuses connexions et des soldats hors-pair, prêts à tout pour défendre leur cause, ici leur puissance faiblit drastiquement. Si Wai Ching Ho (qui incarne Madame Gao) incarne à la perfection son rôle, ses acolytes sont moins convaincants et moins impressionnants ; même Sigourney Weaver peine à convaincre et à s’imposer.

Surtout, The Defenders ne raconte, in fine, pas grand chose : contrairement à Daredevil (qui remettait en question la notion de justice), Jessica Jones (qui traitait du viol et de la manipulation psychologique) et Luke Cage (qui mettait en avant la culture afro-américaine et la lutte contre l’exploitation), les héros se battent ici contre une organisation qui recherche l’immortalité absolue, mais aucun combat n’est réellement moral. Il faut sauver New-York… et c’est tout.

 

Final presque bâclé, récit sans réel enjeu… The Defenders déçoit. Des combats impressionnants et une partie du casting tiennent, heureusement, la série à bout de bras. On lui préfèrera les excellentes Jessica Jones et Daredevil.

 

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Phéline Leloir-Duault

Hypokhâgneuse. Mi-bretonne mi-parisienne. Amatrice de séries et amie des chats. Nez dans les bouquins et yeux sur un écran.

Comments

  1. Corentin

    Bonjour ^^ je viens de lire l’article, et le trouve assez complet. C’est un peu dommage que la partie esthétique de la série ne soit pas évoquée (notamment le travail sur la lumière et les couleurs); je trouve ton avis sur l’ensemble de la série réaliste (par exemple le peu de moralité contrairement aux séries des personnages individuels et à la force un peu imaginaire de la main qu’on ne voit quasiment pas à l’oeuvre, à part des ‘soldats chair à canon’), mais pas concernant Luke Cage. Il reste certes dans son moule, ne change pas, mais s’inquiète du sort du jeune qu’il a essayé d’aider, de sa mère, et de sa petite amie. Si chaque personnage s’est retrouvé avec si peu de réflexion sur lui même, c’est surtout du à la difficulté de faire apparaître 4 héros dans une même série. Luke Cage n’est pas plus pauvre que les autres personnages.
    Mais Bon article ^^

    • Phéline Leloir-Duault

      Hello Corentin, déjà merci pour ton commentaire !
      J’avais quelques idées sur la partie esthétique (notamment le travail des couleurs dans le générique ou bien dans un plan où les quatre couleurs représentants les quatre héros se mêlent sur le visage de Daredevil dans le premier épisode) mais c’était assez brouillon et trop redondant, donc cette partie a été coupée pour plus de lisibilité.
      Quand à Luke Cage, ce qui m’a vraiment déçue, c’est le peu d’exploitation sur ses pouvoirs (c’est un peu valable pour Jessica aussi) mais surtout qu’il a peu de scènes ou de dialogues clés : il est là pour sa force principalement et l’intrigue avec ce jeune d’Harlem est très vite passée au second plan, et donc fait passer le personnage aussi au second plan. J’avais l’impression qu’il servait juste de bras armés et de gilet pare-balles mais pas plus. A l’inverse, Daredevil est très développé (en tant que leader), Danny aussi (car il a un gros passif avec la Main) et l’intrigue avec Jessica perdure assez longtemps dans la série pour lui conférer une vraie importance. A mon sens (mais ce n’est que mon avis), Luke passe clairement au second plan dans le quatuor de héros.

      Encore une fois, merci pour ton commentaire et à bientôt sur Radio Londres !

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