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Arrivée controversée du « Halo » en Formule 1

Arrivée controversée du « Halo » en Formule 1
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Alors que la saison 2017 de Formule 1 bat son plein, la Fédération Internationale de l’Automobile a annoncé en juillet dernier l’introduction dès 2018 du « Halo ». Ce dispositif consiste en un arceau en carbone entourant la tête du pilote afin de protéger celle-ci. Mais cette décision divise beaucoup le monde de la F1.


 

Pourquoi le Halo et qui est-il ?

 

À une époque où le sport automobile devient de plus en plus sécurisé, c’est la recrudescence des accidents impliquant la tête du pilote depuis une dizaine d’années qui a poussé la FIA à réfléchir à un système de protection. Parmi les incidents cités, on compte celui de Henri Surtees, tué en 2009 par la chute d’un pneumatique en Formule 2 (GP2 à l’époque), celui de Felipe Massa la même année recevant un débris en plein visage à plus de 300 km/h ou encore, en 2014, le tragique accident ayant coûté la vie du français Jules Bianchi.

Plusieurs prototypes ont alors été testés pour protéger la tête des pilotes de monoplaces. Les tests de l’Aeroscreen et du Shield (prototypes de pare-brises) n’ayant pas été concluants, c’est finalement le Halo, arceau de carbone fixé devant et de part et d’autre de la tête du pilote développé par Ferrari, qui a été adopté. Malheureusement, de nombreux acteurs de la Formule 1 déplorent cette décision.

 

Une technologie qui ne fait pas l’unanimité

 

L’annonce de la FIA au sujet du Halo dès 2018 a surpris son monde, qui pensait attendre 2019 au minimum pour voir apparaître ce genre de protection sur les F1. De nombreux acteurs du milieu ont dès lors contesté cette décision, jugée trop hâtive. Plusieurs aspects sont alors avancés, le premier étant celui de l’esthétisme. En effet, en plus de dénoter par rapport aux courbes habituelles d’une F1, de nombreux détracteurs voient en cet arceau une forme de cockpit fermé. C’est ce que dénonce Niki Lauda, triple champion du monde de F1 et président non-exécutif de l’écurie Mercedes, qui estime que « le Halo détruit l’ADN d’une F1 » en tant que monoplace ouverte.

Bien que le problème esthétique puisse être subjectif, d’autres problèmes sont pointés du doigt, comme la difficulté à s’extraire de la voiture en cas d’incendie ou encore le poids. Ce sont les principaux points que déplorent les pilotes. L’Espagnol Carlos Sainz, par exemple, craint, au sujet du poids supplémentaire, que ce soit au pilote de compenser au point de se comparer aux minces cyclistes. Même son de cloche pour le triple champion du monde Lewis Hamilton qui appelle la FIA à accompagner l’introduction du Halo par une réduction du poids des voitures déjà parmi les plus lourdes de l’histoire de la compétition.

Enfin, la question du manque de visibilité entraîné par cette barre verticale au centre du champ de vision divise également le paddock, à commencer par les pilotes. Nico Hülkenberg, l’un des pilotes opposés au Halo, estime que celui-ci « restreint trop la vision, surtout lors d’enchaînements de virages sur [certains] circuits ». Même constat chez le français Romain Grosjean, tombé malade après avoir piloté avec le Halo. En revanche, d’autres pilotes tels que Sebastian Vettel ou Esteban Ocon n’ont presque remarqué aucune différence avec la visibilité sans Halo et sont pour son introduction.

 

Une avancée malgré tout pour la Formule 1 ?

 

Il est évident que le Halo ne plaît pas à tous dans le monde de la F1. Pourtant, les pilotes, les principaux concernés par cette nouvelle technologie, se sont majoritairement montrés favorables à cette introduction (9 sur les 15 interrogés). L’argument principal avancé par ses défenseurs ainsi que par la FIA est celui de la sécurité. En effet, alors que les F1 frôlent aujourd’hui régulièrement les 350 km/h en course, tout contact entre un corps étranger et le casque du pilote à pleine vitesse pourrait avoir des conséquences très graves. C’est ce que rappelle l’ancien double champion du monde Fernando Alonso qui estime que « cela peut aider dans plusieurs accidents similaires à ceux mortels que nous avons connus durant les dernières années ». « Il faut l’intégrer » conclut fermement l’Espagnol.

De plus, bien que l’introduction du Halo en 2018 soit une certitude, son prototype exact n’est pas encore fixé puisque la FIA travaille encore intensément dessus. Ainsi, d’ici le début de la saison prochaine, en mars 2018, celui-ci est amené à évoluer afin de permettre une extraction plus facile du pilote, un poids plus raisonnable et un design satisfaisant. D’autant qu’une technologie plus adaptée pourrait bien apparaître, relancer le débat et être adoptée dès 2019.

 

Pendant que le monde de la Formule 1 s’approche doucement de la fin de saison 2017, la saison 2018 s’annonce d’ores et déjà mouvementée avec l’introduction du Halo. Malgré de nombreuses questions autour de l’esthétique, du poids ou encore de la visibilité, cet arceau constitue une avancée de plus dans une discipline toujours plus sécurisée, parfois en dépit du spectacle mais toujours dans le but d’éviter tout accident tragique comme on a pu le voir par le passé.

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