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Avis de tempête pour les Nations Unies

Avis de tempête pour les Nations Unies

L’administration Trump qui se retire de l’accord de Paris et qui ne veut plus financer l’organisation, le conflit Syrien de plus en plus long et meurtrier, la menace nucléaire en Corée du Nord … Le contexte actuel rend la situation critique au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Et pourtant, alors que tout porte à croire qu’elle navigue en pleine tempête, cette dernière est peut-être simplement en train de changer de cap.


Le dossier Américain 

La victoire de Donald Trump, candidat républicain aux élections présidentielles américaines du 8 novembre 2016, annonçait un changement drastique de politique étrangère pour le pays. Ce dernier défendait en effet l’isolement ainsi qu’un certain unilatéralisme, deux notions plutôt antagonistes avec les principes des Nations Unies. 

Il a depuis mis à exécutions plusieurs de ses promesses, notamment en annonçant le 1er Juin 2016 le retrait des États-Unis de l’accord de Paris. Une décision lourde de conséquences pour la lutte contre le réchauffement climatique mais également pour l’organisation des Nations Unies qui pouvait alors se féliciter d’avoir fait signer par 195 délégations un accord universel sur le climat. 

Le président Trump a par ailleurs longtemps laissé entendre qu’il réduirait le financement américain dédié à l’organisation, tout particulièrement pour les opérations de maintien de la paix. Une promesse en partie réalisée en avril dernier alors que le département d’État annonçait la fin de la contribution des États-Unis au Fond des Nations Unies pour la population (FNUAP).

Avec plusieurs de ses premières mesures l’Administration Trump a recours à une forme plutôt négative de la Realpolitik, et ce en mettant de côté toute forme d’éthique au profit des intérêts nationaux. L’ONU a beaucoup à perdre sur le dossier américain, elle-même créée sous l’impulsion du trente-deuxième président des États-Unis (Franklin D. Roosevelt), elle est désormais menacée par leur président actuel.

 

Nikki R. Haley, nouvelle ambassadrice des États-Unis à l’ONU (© Bebeto Matthews / Associated Press / NYtimes)

 

Un contexte difficile 

Les États-Unis sont cependant loin d’être le seul problème des Nations Unies. En effet, l’organisation ne parvient aujoud’hui plus à assurer certaines de ses missions les plus importantes. L’escalade des tensions en Corée du Nord par exemple, confirme sa perte de crédibilité en matière de non prolifération nucléaire. 

Alors même que le conseil de sécurité de l’ONU annoncait début août des sanctions économiques inédites contre Pyongyang, le dirigeant Nord coréen Kim Jong-un déclarait posséder des missiles capables de toucher les États-Unis. La situation en Corée du Nord est aujourd’hui tellement complexe que les Nations Unies semblent impuissantes

Et pourtant face à la crise Nord-Coréenne, la communauté internationale parle d’une seule voix en condamnant sévèrement la prolifération nucléaire. Dans de nombreux conflits, tout aussi délicats, l’ONU est profondément divisée

C’est le cas pour le conflit Syrien, dont le bilan actuel est catastrophique : plus de six ans de guerre pour presque 500 000 morts. Les Nations Unies, pourtant présentes sur le terrain, ne jouent qu’un simple rôle humanitaire là où au contraire elles devraient réguler le conflit. C’est la conséquence d’un conseil de sécurité divisé, qui a condamné à lui seul toute l’organisation à l’immobilisme.  

 

Crise ou changement de cap

C’est donc une organisation actuellement instable que dirige désormais António Guterres au poste de secrétaire général depuis le 1er janvier 2017. Pourtant une vision aussi pessimiste peut facilement être nuancée; et la crise qui s’annonce, finalement vue comme un simple changement de cap.

Premièrement l’échec des Nations Unies à régler certaines crises n’est pas tant celui de l’organisation que de ses membres. Si les interventions onusiennes sont loin d’être exemptées de critiques; l’origine de plusieurs de ses échecs sont, comme pour la crise Syrienne, la conséquence d’un désaccord entre les états-membres menant à l’immobilisme. Comme l’écrit Alain Dejammet (ambassadeur de France à l’ONU de 1995 à 1999 ndlr) dans le numéro 85-86 de la revue Questions Internationales : « L’ONU n’est pas un appareil pesant sur les États. C’est l’enceinte fédérant, ordonnant leurs relations et leur possible action. »

 

Véto de la Russie sur une résolution Syrienne (12/04/2017) le 8ème depuis le début du conflit (© Ouest France / AFP)

 

Ensuite, la réticence des Américains à participer autant au financement de l’organisation annonce un changement des responsabilités à l’ONU. Les Nations Unies, financées aujourd’hui à 22% par les États-Unis, attendront désormais plus des autres états-membres, notamment des pays émergents comme la Chine qui n’est même pas à 8%. Un financement plus uniforme par les différentes puissances devrait ainsi équilibrer un peu plus leur influence au sein de l’organisation.

Finalement on constate que l’hégémonie du groupe des cinq (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie) n’est plus la même qu’en 1945. L’organisation devient progressivement de plus en plus multipolaire, et dans un certain sens plus représentative des relations internationales aujourd’hui. En témoigne par exemple le groupe des quatre (Allemagne, Brésil, Inde, Japon) qui réclame depuis 2005 un siège permanent au conseil de sécurité. Même chose pour l’Afrique, qui rappelle à plusieurs reprises son insatisfaction quant à l’absence de membre permanent Africain autour de la fameuse table des négociations. 

 

L’ONU traverse à nouveau une crise rendant son avenir incertain. Les Nations Unies ont du mal à faire face aux nombreux défis, extérieurs comme intérieurs, qui les menacent. Pourtant si elle n’opte pas très vite pour des réformes nécessaires à son bon fonctionnement, l’organisation risque de perdre définitivement toute crédibilité. 

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Livio Bachelier

Hypokhâgne de 18 ans, passionné par les Relations Internationales et les U.S.A. avec pour objectif de travailler aux Nations Unies.

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