Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

One Comment

Harvey : Comprendre les cyclones avec Christelle Barthe, chercheuse au CNRS

Une image prise depuis un satellite de l’ouragan Harvey approchant vendredi de la côte du Texas. / HO/AFP
mm

Alors que le Texas et la Louisiane sont touchés par la tempête tropicale Harvey, Christelle Barthe, chercheuse du CNRS au Laboratoire de l’Atmosphère et des Cyclones, a accepté de répondre à nos questions sur le lien entre ces phénomènes météorologiques et le réchauffement climatique.


 

Les États-Unis d’Amérique sont actuellement touchés par une tempête tropicale. Celles-ci se forment sous certaines conditions portant notamment sur la température de l’océan, l’instabilité, l’humidité et le vent. La pré-existence d’une perturbation et l’éloignement de l’équateur jouent également un rôle.

Mais alors quelle différence y a-t-il entre un ouragan et une tempête tropicale ?

« En fait, les ouragans, les typhons et les cyclones tropicaux sont les mêmes phénomènes météorologiques mais leur appellation est différente selon les bassins où ils se développent. Entre sa naissance et sa dissipation, ce phénomène météorologique peut passer par plusieurs stades qui dépendent de son organisation et de son intensité. »

 

Y aura-t-il plus de cyclones à l’avenir ?

 

Avec le réchauffement climatique, on pourrait penser que le nombre de tempêtes tropicales va augmenter progressivement. En effet, avec celui-ci, on s’attend en particulier à ce que la température de l’océan varie et pourtant :

« Sur les 30 dernières années, on n’observe pas d’évolution de la fréquence d’occurrence des cyclones tropicaux. Sur l’ensemble des bassins, environ 90 systèmes sont comptabilisés tous les ans, à 10% près. »

Les cyclones tropicaux ne sont donc pas plus nombreux, au contraire, leur nombre tend globalement à stagner. Mais alors qu’on en entend de plus en plus parler dans les médias, seraient-ils devenus plus puissants qu’auparavant ?

« Ce qu’on peut dire actuellement, c’est que la fréquence des systèmes les plus intenses a augmenté dans l’Atlantique Nord depuis les années 80. »

De plus, selon un dernier rapport du GIEC, la force des vents pourrait augmenter de 10%. Les cyclones seraient donc plus destructeurs.

En somme, nous pouvons dire que les cyclones ne seront sans doute pas plus nombreux à l’avenir mais plus puissants.

 

Des riverains de Houston, le 28 août 2017 – Thomas B. Shea / AFP

 

Il convient cependant de rester prudent car il est difficile de déterminer la part du changement climatique dans cette évolution par rapport à d’autres paramètres tels que les courants atmosphériques. De même, les données cycloniques recueillies ne remontent pas à plus d’une trentaine d’années.

 

Où les cyclones tropicaux auront-ils plus de chance de frapper demain ?

 

Avec le réchauffement climatique, on pourrait songer à une migration de ces phénomènes naturels extrêmes vers les zones nord (États-Unis notamment…). Néanmoins, comme le rappelle Christelle Barthe :

« A l’heure actuelle, on manque de recul pour estimer précisément l’impact régional du changement climatique, en particulier pour un phénomène aussi ponctuel que les cyclones tropicaux. »

Elle précise toutefois en déclarant :

« Des scientifiques américains ont publié un article paru dans la revue Nature dans lequel ils montrent une migration vers les pôles de la position où les systèmes dépressionnaires tropicaux atteignent leur maximum d’intensité. »

 

En somme, les zones les plus touchées seront désormais plus au nord et plus au sud de l’équateur (Texas, Floride et moins les Caraïbes).

En définitive, il ressort de cet entretien que les cyclones tropicaux ne seront pas plus nombreux à l’avenir, mais assurément plus puissants. Leur intensité maximale serait aussi atteinte plus au nord et plus au sud qu’aujourd’hui. La part exacte du réchauffement climatique dans ces phénomènes climatiques est quand à elle difficile à estimer.

 

Radio Londres tient à remercier Christelle BARTHE, qui a eu la gentillesse de bien vouloir répondre à nos questions.

Christelle BARTHE, chargée de Recherche au CNRS, Laboratoire de l’Atmosphère et des Cyclones (LACy, UMR 8105 CNRS/Météo-France/Université de La Réunion).

The following two tabs change content below.
mm

Hippolyte Dupont

Écrivain de 19 ans ● Rédacteur au pôle Technologies, je signe parfois Anthrokléis ● en classe préparatoire scientifique PC*
mm

Derniers articles parHippolyte Dupont (voir tous)

Comments

Submit a Comment