Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

« Kim Kong » : satire politique et culturelle

« Kim Kong » : satire politique et culturelle
mm

Inspirée d’une histoire vraie, Kim Kong raconte comment un réalisateur de blockbusters à succès se retrouve contraint de réaliser un film pour un dictateur. Entre critique de l’autoritarisme nord-coréen, et interrogation sur la création artistique, cette mini-série d’Arte est une belle réussite. 


 

Mathieu Stannis, réalisateur aigri et frustré de films d’action à succès sans âme, est kidnappé par les agents d’une dictature asiatique. Le leader de ce pays est un grand amateur de 7ème art, excédé par la nullité des productions cinématographiques locales, qui va exiger de Mathieu qu’il mette en scène une nouvelle adaptation de King Kong, dont il a personnellement écrit le scénario et qui vise à chanter les louanges de sa patrie.

 

★★★★☆ – À ne pas manquer

 

Kidnappé sur le tournage du quatrième opus de la série de films d’actions Kicker, Mathieu Stannis (Jonathan Lambert), réalisateur français aigri, se réveille au côté de Choi (Frédéric Chau), serviteur d’un dictateur asiatique. Ce dernier explique alors au cinéaste qu’il a tout bonnement été enlevé afin de réaliser un film à la gloire du régime et pour le plaisir du Commandeur (Christophe Tek). Stannis rencontre le dictateur qui, après avoir signé sur un ton plus qu’autoritaire quelques documents, dévoile le scénario qu’il a lui-même imaginé. Il faudra réaliser un remake de King Kong. Le Français peine à y croire mais il faudra faire avec, il n’aura sa liberté qu’une fois le film terminé.

Désabusé, le réalisateur suit Choi qui lui présente son équipe, ce qui finit d’achever son moral. Des techniciens aussi miteux que leurs équipements, des acteurs en bois, un chef opérateur que l’on verrait mieux en chef de « camp de rééducation », et un clapman… atypique. C’est avec ce cadre technique et dans un pays qui se prépare à attaquer les Etats-Unis que Mathieu Stannis doit réaliser son remake communiste de King Kong. Il tente d’abord de bâcler son travail, comme il en a pris l’habitude depuis plusieurs années maintenant, répondant aux commandes de gros producteurs. Mais il se heurte à l’expertise cinéphile du dictateur qui ne veut pas d’un film comme les autres, il veut « un vrai film ».

 

Copyright Arte

 

Un retour aux sources de la création artistique

 

Et c’est là que réside le formidable coup de Kim Kong. Simon Jablonka (Engrenages) et Alexis Le Sec (Caïn), à l’origine de la série, ne sont pas tombés dans le piège de la dénonciation bateau qui leur tendait les bras. Plus subtile, c’est davantage le rapport de force entre producteur et artiste qui est mis en avant. Derrière l’ordre du Commandeur, c’est la création sous contrainte qui est évoquée. Cette série porte sur le Cinéma. La critique du régime est sous-jacente, presque secondaire. Sur un ton léger, avec des gags plus ou moins bien sentis, Kim Kong nous place au cœur des remises en question d’un réalisateur usé par un métier qu’il a fini par oublier. Face au dictateur, qui gagnerait presque en sympathie par sa cinéphilie, Stannis comprend qu’il doit s’imposer un retour à la source de la création.

Oubliés les techniques numériques et les décors fringants, il réapprend son métier, et la plaisir qui lui est lié. Incarné par un Jonathan Lambert tout en finesse, ce qui détonne avec la majorité de ses précédents rôles, le réalisateur blasé revient à l’essence de son métier : lumière et décors naturels, caméra à l’épaule, montage manuel. Quant à Choi, un poil stéréotypé avec un sourire à en donner des crampes et des proverbes à la pelle, il se trouve une passion pour Truffaut, reprenant même ses célèbres aphorismes, et démontrant une nouvelle fois que le Cinéma est bien au cœur de cette mini-série.

 

A grands coups d’absurde, Kim Kong critique la Corée du Nord sans tomber dans la facilité, mais plus que cela, elle nous emmène au coeur des interrogations qui gravitent autour d’un réalisateur en questionnant l’essence de la création artistique.

 

Pour ceux qui auraient raté la diffusion des trois épisodes le jeudi 14, ils sont disponibles en replay sur Arte+7.

 

The following two tabs change content below.
mm

Louis Faurent

Étudiant à Sciences Po Bordeaux, passionné par le sport, le cinéma, et l'actualité en tout genre.
mm

Derniers articles parLouis Faurent (voir tous)

Submit a Comment