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Mangrove, une nouvelle manière de travailler ?

Mangrove, une nouvelle manière de travailler ?
Ménélas Kosadinos

Le collectif Mangrove est une communauté d’entrepreneurs réunie autour de valeurs et d’un objectif : comment travailler autrement ?


 

Le collectif Mangrove se présente comme une communauté d’entrepreneurs qui souhaitent construire une nouvelle façon de travailler, basée sur leurs valeurs de liberté, de transparence et de bienveillance. Une structure innovante qui nous invite à réinventer le monde du travail.

 

Le travail comme source d’épanouissement

 

Issus de parcours très variés, diplômés du bac ou normaliens, ils expriment un sentiment largement partagé par la jeunesse de tous les milieux : le monde du travail dans la façon dont il est organisé aujourd’hui ne permet pas l’épanouissement des individus. Horaires contraignants, manque de liberté, soumission à l’autorité et à la hiérarchie : pour beaucoup de jeunes aujourd’hui, ce modèle semble être une prison indépassable mais nécessaire. Les entrepreneurs de Mangrove ont décidé de s’affranchir de tous ces carcans pour que l’étymologie du mot travail (tripalium en latin, la torture) ne soit qu’un lointain souvenir. Leur credo, “From work to life”, exprime cette recherche d’un épanouissement par le travail, qui n’est plus qu’une contrainte pour survivre mais aussi un moyen d’exprimer sa créativité, de développer ces centres d’intérêts et de choisir comment se rendre utile à la société.

La différence avec l’auto-entrepreunariat et la démarche de Mangrove est celle du travail collectif ; il est perçu comme un moyen de faire des rencontres, d’établir des relations sociales et se pense donc nécessairement à plusieurs. Les membres s’entraident et enrichissent mutuellement leurs projets, conservant cette dimension socialisatrice du travail. Le risque de délaisser les parcours classiques en entreprise pour un tel projet se voit compensé par le soutien de la communauté, comme l’explique Adrien Montcoudiol, co-fondateur de Mangrove : « C’est inspirant, rassurant et sécurisant d’une certaine manière (on se donne beaucoup de conseils, on se refile des missions, etc.). C’est au contact de gens qui vivent ce mode de vie que tu te rends compte que c’est possible et que tu décides de te lancer ».

 

Redonner du sens à son activité

 

Cette mentalité est le produit d’un constat simple : après les études, nous nous savons destinés à travailler pendant les décennies à venir, avec cette idée que l’ensemble de notre vie sera articulée autour de cette activité. Il s’agit donc de repenser une définition plus large de ce que nous appelons “travail”. Aujourd’hui, à la question “Tu fais quoi dans la vie ?”, la réponse est déterminée par l’activité rémunératrice de l’individu. Chez Mangrove, les membres passent quelques jours à travailler en freelance pour des entreprises afin d’avoir une source de revenus, mais profitent du reste de leur temps pour se consacrer à des projets personnels, parfois dans le domaine artistique. Au sein du collectif, seule une fraction minoritaire du temps travaillé donne lieu à une rémunération, le reste ayant une visée autre que lucrative qui consiste simplement à consacrer son temps à ce que l’on considère utile, agréable, stimulant. C’est en se donnant la liberté de travailler sur ce qui fait sens pour chacun d’entre eux que les membres de Mangrove redonne au travail sa fonction émancipatrice ; précisément parce que le monde du travail ne produit plus de sens pour beaucoup d’individus.

 

Un modèle exportable ?

 

Cette organisation présente pourtant des limites : si elle fonctionne pour des professions en freelance, liées au numérique, on peut s’interroger sur quelles structures permettraient à d’autres professions (agriculteurs, ouvriers, employés, etc.) d’atteindre ce degré de liberté. Adrien Montcoudiol voit la chose de la sorte : « Bien sûr que ce modèle n’est pas applicable pour tout le monde aujourd’hui, et ce n’est jamais ce qu’on a proposé : on pense pas que toute la société devrait fonctionner comme nous, ni que ce soit possible actuellement. Notre objectif est de commencer par développer une alternative pour ceux qui pourraient avoir le choix, d’inspirer des organisations qui pourraient se rapprocher de notre modèle. Après, la société va énormément évoluer dans les décennies à venir et on a quand même le sentiment d’aller dans une direction qui correspond à de plus en plus de gens : on est pionniers sur ce sujet dans l’idée de rendre cela possible à un maximum de gens qui souhaiteraient un tel mode de vie sur le long terme (on produit des contenus, développe des outils que d’autres entreprises pourront utiliser, on va aider de plus en plus de gens à se lancer en freelance, et leur fournir plus de sécurité, etc.) »

 

L’expérience Mangrove est donc la preuve qu’il existe d’autres manières de concevoir le travail aujourd’hui. Dans une société en pleine mutation, une multitude d’opportunités se dessinent pour envisager un nouveau modèle : à nous de les saisir et de revendiquer ce droit à travailler autrement.

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Ménélas Kosadinos

Jeune rédacteur, lycéen en terminale dans les Yvelines. Engagé dans le milieu associatif, aime l'écriture et essaye de comprendre le monde.

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