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« PLAY DEAD », de Mutemath : extase, chaleur & frénésie

« PLAY DEAD », de Mutemath : extase, chaleur & frénésie
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Le désormais ex-quintuor américain ouvre cette rentrée musicale avec un opus vibrant qu’on ne saurait que vous conseiller. Notre critique.


 

★★★★☆ – À ne pas manquer

 

Dans une forme de sado-masochisme pervers, j’ai baissé le volume. Les murmures sonores et les ondes nébuleuses ont remplacé les mélodies entêtantes que j’avais découvertes quelques heures plus tôt, fredonnées quelques minutes auparavant, et hurlées il y a encore quelques secondes. C’est un constat indéniable : le nouveau Mutemath est d’une qualité telle qu’il en devient presque douloureux d’en atténuer le volume pour écrire les lignes que vous lisez actuellement. Il faut dire que le groupe originaire de La Nouvelle-Orléans a dans sa pop — hybride — des arguments à faire valoir. Une puissance créative ingénieuse doublée d’une réelle originalité dans le style. À croire que Paul Meany, le leader du groupe, s’est immiscé dans vos têtes pour mieux créer les sons qui sauront vous charmer. Bingo! Le résultat est un succès.

 

 

PLAY DEAD, imaginé il y a six ans, marque le retour en grâce d’un groupe qui fête cette année ses quinze ans d’existence. Le cinquième album des américains est un condensé du meilleur de la synthpop, du rock psychédélique et de la musique électronique (et oui, tout ça à la fois!). Hit Parade, le tout premier single du disque, est une ébauche de ce que Mutemath fait de mieux. Une fanfare de sonorités aux résonances électroniques, portée par la voix cristalline de Meany et les percussions ravageuses de Darren King — qui, tout comme Roy Mitchell-Cardenas, a quitté le groupe tout récemment. De l’aveu-même de Meany, « Mutemath a accentué les claviers et les synthétiseurs pour donner encore davantage de poids à [leur] musique ». C’est cette tendance qu’on retrouve notamment dans deux des autres singles de l’album : Break The Fever, morceau rétro, et plus encore Stroll On, qui semble avoir concentré la plupart des expériences musicales du groupe. La chanson dénote de ses camarades de production, de par son rythme atypique et ses élucubrations, comme l’ajout au mixage d’une balle de ping-pong qui parachève le morceau.

Ce genre de sonorités bizarroïdes appelle d’ailleurs une question évidente : et si, à trop vouloir innover, Mutemath se noyait dans un non-sens artistique ? Si la question a le mérite d’être posée, la réponse, elle, est clairement négative, en témoigne le morceau Achilles Heel, qui, non content d’être une référence historique, se révèle être un véritable ovni au service du psychédélique. À l’inverse, la chanson Pixie Oaks, dans laquelle Meany a invité sa fille à débiter quelques chœurs (ce qui donnera lieu à un « oh and don’t forget, i’m in the album » adressé à son père), est une ballade idéale pour l’été. Une folie douce et envoûtante.

 

 

Une subtile hystérie, toute en couleurs

 

Vous l’aurez compris, la liste des atouts dont dispose PLAY DEAD est assez conséquente. Parmi ceux-ci, on pourra également citer une petite propension à la mélancolie, comme dans Nuisance, qui nous berce d’une douceur efficiente, ou encore Marching To The End qui prend le temps de nous emporter. De plus, des chansons comme War réitèrent l’attachement du groupe à une formation instrumentale classique, avec une intro toute en guitares et en percussions. De cette façon, Mutemath ne laisse personne sur le carreau et s’attache à sustenter chaque fragment de son public. Une ode à la diversité dont on ne peut pas sortir indemne.

 

Mutemath est un groupe en phase avec son époque. À l’image de twenty one pilots, avec qui ils avaient partagé une session en fin d’année dernière, Paul Meany et ses acolytes cultivent un goût pour l’éclectisme, au point d’en devenir musicalement inclassables. PLAY DEAD est incontestablement un des disques de la rentrée, de par sa faculté à mettre en lumière le métissage des genres et la modernité. Une bouffée d’oxygène pour tous les mélomanes asphyxiés par leurs contemporains.

 

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Clément Zagnoni

Étudiant en licence de sociologie, passionné de musique et de sports. Je donne de l'intérêt aux choses qui n'en ont pas...

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