Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Avis de tempête en Catalogne

Avis de tempête en Catalogne
mm

Alors que le référendum catalan pour l’indépendance s’est finalement traduit par un grand « OUI », c’est le déroulement de la journée et les violences des forces gouvernementales contre les séparatistes qui préoccupent le plus. En effet, elles traduisent le point de non-retour et la volonté de ne pas céder dans le bras de fer entre Madrid et Barcelone. Loin de résoudre la situation, ce référendum se dessine finalement comme étant le summum d’une rivalité historique et le point de départ de nouveaux problèmes tout aussi complexes.


 

Ce dimanche 1er octobre se déroulait à Barcelone et dans toute la Catalogne un évènement majeur, suite d’un feuilleton qui tient l’ensemble de l’Espagne en haleine depuis plusieurs mois : le référendum d’autodétermination. Cependant, celui-ci a tourné au chaos et dans l’après-midi, on dénombrait au moins 465 civils blessés. En effet, la tenu du-dit référendum est source de violentes tensions entre le gouvernement national espagnol (dont le chef Mariano Rajoy met en avant l’irrégularité et l’anti-constitutionnalité du scrutin) et les indépendantistes  portés par le gouvernement autonome catalan de Carles Puigdemont. Ce dernier a déclaré : « L’image internationale de l’État espagnol s’est à nouveau dégradée et a atteint une indignité qui restera inscrite pour toujours. » suite à la répression et la saisie de scellés et d’urnes par les forces de l’ordre (près de 10 000 policiers ont été appelé en renfort en Catalogne samedi). Lundi, le résultat serait le « OUI » pour 90% des votants qui représenteraient moins de la moitié du panel électoral (environ 40%).

Mais quelles sont les raisons de cette situation particulièrement délicate et quelles sont les conséquences à prévoir ?

 

Bienvenue chez ceux qui résistent encore et toujours à l’envahisseur

 

Grande comme la Belgique, la Catalogne fait partie des deux régions les plus riches d’Espagne. Elle compte pour près de 16% de la population nationale et pèse pour 1/5 du PIB du pays. Le chômage y est moins élevé que dans le reste du pays et la capitale régionale Barcelone est un point touristique majeur ainsi qu’une grande ville de sport (seule ville a avoir accueilli les JO, et le club du FC Barcelone est l’un des plus célèbre au monde).

Les relations difficiles qu’entretien la communauté avec le pouvoir central ont une explication historique. Dès le 17ème siècle, des révoltes catalanes contre le pouvoir central ont lieu. Cependant, les rancoeurs proviennent majoritairement de la répression subie pendant la dictature de Franco (1939-1977). Ce dernier interdit aux minorités (catalane mais aussi basques, andalouses,…) l’usage officiel de leurs langues et cherche à exacerber le sentiment nationaliste.

La Catalogne obtient un nouveau statut en 2006 mais un retour en arrière est finalement voté en 2010, ce qui révolte les séparatistes. Ces évènements, couplés à la crise économique, entraînent finalement en 2014 un premier référendum consultatif. Près de 80% des votants se prononcent en faveur de la sortie. En 2016, c’est une majorité pro-indépendance qui accède au gouvernement de la communauté autonome. En juin dernier, cette majorité annonce la tenue du référendum de dimanche dernier qui doit acter ou non l’indépendance de la région vis à vis de l’Espagne.

 

Révolution en approche ?

 

Après le référendum de dimanche dont l’issue est désormais connue, que doit-on envisager ?

En effet, le gouvernement catalan semble prêt à valider l’indépendance tandis que Madrid se refuse à céder quoi que ce soit dans ce sens, arguant que le référendum était anti-constitutionnel. Les premiers ont en effet utilisés des méthodes limites quant aux comptages des voix et à la qualité des urnes et des élections. Cependant, on peut expliquer cela par l’attitude extrêmement belliqueuse de Madrid qui n’a cessé de tenter d’empêcher la tenue du référendum. Expression directe de l’avis du peuple, ce dernier peut pourtant être considéré comme l’outil démocratique par excellence.

Il semble que la situation bascule peu à peu vers une crise majeure et sans issue. Il est nécessaire que la communication se restaure entre les deux parties sans quoi la violence risque d’être l’ultime conséquence de ce référendum. Même si la situation est largement commentée ces derniers jours par divers responsables politiques européens, c’est l’UE qui a sans doute un rôle de médiateur à jouer. 

 

Malgré le maintient du vote et un résultat du scrutin en faveur des séparatistes, la situation s’envenime et il semble que la rivalité historique entre la Catalogne et Madrid a atteint son apogée. Une solution pacifique et une désescalade de la violence sont impératifs sous peine de basculer dans une crise catastrophique. A ce jeu là, c’est le peuple, dont l’avis est finalement le plus important, qui risque d’être le grand perdant.. La route est longue mais il est certain que les deux partis vont devoir mettre de l’eau dans leur vin et accepter des compromis…

The following two tabs change content below.
mm

Martin Hortin

Etudiant en électronique mais passionné par l'écriture, l'actu, et le sport, j'espère pouvoir transmettre certaines clés pour une meilleure compréhension de notre monde !

Submit a Comment