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Contraception : la pilule en débat

Contraception : la pilule en débat
Céline Legay

Effets secondaires incommodants, peur d’une prise régulière d’hormones, désir de moyens de contraception alternatifs… La pilule souffre aujourd’hui d’un désamour de la part des femmes, comme en témoigne la récente étude de Santé Publique France. 


 

« Une des dernières pilules que j’ai prise m’a rendu très malade. J’ai dû consulter un neurologue. Je m’inquiétais, j’avais pris beaucoup de poids. Je souffrais de fortes migraines, de nausées. Depuis que j’ai arrêté, je n’ai plus ces problèmes », témoigne Sabine, une échirolloise de 37 ans. Il y a 9 ans, elle a décidé d’arrêter la pilule contraceptive.

Un choix qui est fait aujourd’hui par de nombreuses femmes, comme en témoigne la récente étude de l’agence Santé Publique France, publiée le 25 septembre à l’occasion de la journée mondiale de la contraception, et 50 ans après sa légalisation en France. L’organisme met en en lumière un désamour de ce moyen de contraception. En 2010, 45 % des femmes interrogées déclaraient prendre la pilule contraceptive. Elles ne sont plus que 36,5% en 2016.

 

« Nous ne réagissons pas toutes de la même manière »

 

Plusieurs facteurs peuvent inciter les femmes à bouder la pilule, qui reste néanmoins le premier moyen de contraception en France, devant le stérilet, les préservatifs ou l’implant. Un problème de dosage pour Sabine, mais aussi de prix.

« Au niveau du dosage, c’était compliqué. Je passais d’une pilule à l’autre. Il y avait ensuite le souci du remboursement. Celle qui était remboursée me rendait encore plus malade. Celle qui qui ne l’était pas me convenait mieux mais restait trop chère pour moi », regrette-t-elle. « Le médecin m’avait proposé le stérilet mais je suis contre. Quand il y a des hormones, je ne veux plus. Les médecins veulent nous faire prendre les mêmes choses, alors que nous ne réagissons pas toutes de la même manière », déplore Sabine. « Alors parfois, on essaye de se gérer par soi-même. » La jeune femme utilise aujourd’hui exclusivement des préservatifs, aidée de l’application mobile « Clue », qui l’informe de ses périodes d’ovulation.

 

 

« Lorsqu’on emploie le terme hormones, on a l’impression qu’on a sorti un gros mot »

 

Pour Jean-Claude Reynaud, gynécologue obstétricien au Groupe hospitalier mutualiste de Grenoble, les polémiques autour de la pilule ne sont pas légitimes. « Tout ce qui est hormonal a une connotation d’empoisonnement : lorsqu’on emploie le terme hormones, on a l’impression qu’on a sorti un gros mot ». Une accusation qui n’a pas lieu d’être pour le docteur :

 

« Il y a surtout un effet médiatique, avec toutes les histoires médicales retracées dans la presse ou à la télé. Il y a eu une période de polémique en 2012, il était dit que les pilules œstroprogestatives (les plus courantes) créaient des maladies thromboemboliques. C’est vrai, mais ce n’était pas un scoop, on le savait depuis bien longtemps. C’est effectivement grave, mais ça reste exceptionnel.»

 

Afin de s’adapter aux besoins et désirs de toutes les femmes, Jean-Claude Reynaud préconise une meilleure information des différents moyens de protection. « La bonne contraception pour moi, c’est celle que la femme choisit elle-même. Pour celles qui ne veulent pas prendre d’hormones, il reste le choix de la contraception locale (préservatif) ou du stérilet au cuivre.»

 

Une baisse de la pilule, mais pas de la contraception

 

Bien que la prise de pilule contraceptive soit en baisse selon l’étude, celle-ci concerne moins les jeunes filles (15-19 ans), qui l’utilisent pour 60,4% d’entre-elles. « Je ne me vois pas utiliser autre chose que la pilule. C’est pour moi la solution la moins gênante au quotidien. J’ai eu de mauvais échos concernant l’implant, et stérilet me fait un peu peur. Je n’ai pas envie d’avoir à m’insérer un corps étranger », témoigne Chloé, 17 ans.

 

Même si la désaffection envers la pilule contraceptive se fait ressentir, il n’y a cependant pas de baisse de la contraception en général selon l’étude.

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Céline Legay

Apprentie journaliste passionnée par l'actualité internationale, politique, et les sujets sociétaux. Amoureuse des voyages et des découvertes en tous genres.

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