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Eminem est-il toujours le « King of Rap » ?

Eminem est-il toujours le « King of Rap » ?
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Revival, le 9ème album du « Roi du Hip-Hop » est dans les bacs depuis le 15 décembre et semble être une déception pour les fans de l’artiste. Après 4 ans d’attente, Eminem revient avec un disque déroutant, marqué par de nombreux morceaux pop-rock. Le rappeur aurait-il fait son temps, dépassé par les Kendrick Lamar et Cie. ?


 

Un disque pop-rock déroutant

 

Les puristes se mordent les doigts. Mais où est donc passé le Eminem mordant et désinvolte des chefs d’oeuvres The Marshall Mathers LP ou de The Eminem Show ? C’est une question que l’on est en droit de se poser après l’écoute de Revival, tant ce dernier est loin des standards habituels de l’artiste. 

C’est tout d’abord le nombre de featurings avec des stars de la musique pop qui étonne. Beyoncé, Ed Sheeran, Alicia Keys,… La liste est encore longue avec pas moins de 8 morceaux en collaboration sur un album en comptant 19 (dont deux interludes). Deux autres titres sont basés sur les samples un peu lourdingues des titres pop-rocks « I love Rock’n’roll » et  « Zombie ». Cela conduit à s’interroger sur les inspirations d’Eminem. 

Pour de nombreux fans de la première heure, le problème vient d’ailleurs et notamment de la production. L’essentiel des critiques se concentre sur Rick Rubin (co-producteur exécutif) et Alex Da Kid. La patte de Dr Dre, pourtant toujours présent sur cet album, est peu, voire pas visible.

Le dernier point, et pas des moindres, est la durée de Revival. 19 titres. 77 minutes pour l’écouter de bout en bout. C’est très long. On se perd dans le disque et même si des morceaux sont à la hauteur, il aurait sans doute été bénéfique de revoir la quantité au profit de la qualité. En effet, Eminem n’a plus rien à prouver et en creusant un peu, on constate tout de même que certaines tracks tiennent la route. On pourrait citer « Untouchable », « Castle », « Arose » et deux ou trois autres titres.

 

Eminem à bout de souffle ou visionnaire ?

 

Copyright ABACA

 

Revival est-il un symbole des limites du rappeur de Détroit ou un exemple de sa vision du marché de la musique actuelle ? En effet, en s’ouvrant à d’autres styles musicaux et en proposant un album long, Eminem cherche peut-être à toucher un nouveau public. Si sa base de fans peut le lui reprocher, son talent reste indéniable et ce dernier disque pourrait lui permettre d’être diffusé auprès d’auditeurs différents grâce aux sons les plus commerciaux. La longueur de l’album est totalement adaptée aux plateformes de streaming et en offre pour tous les goûts.

Néanmoins, après une écoute complète de Revival, il demeure une petite amertume. Outre la longueur et certains feats mal négociés, certaines promesses sont non-tenues. Après les freestyles « Campaign Speech » et « The Storm » publiés au cours des deux dernières années, on s’attendait à ce que Donald Trump et l’Amérique qu’il représente en prennent pour leurs grades. Hormis « Untouchable » et « Like Home », il n’y a aucun texte réellement engagé dans l’album. 

Il reste qu’Eminem, en offrant un album à l’opposé du rap sombre et pur grâce auquel il a percé, donne l’impression d’être à bout de souffle dans un paysage rap qui ne cesse de se renouveler. Après 4 ans d’absence, on attendait l’artiste au sommet de son art malgré ses 45 ans. Il paraît au contraire diminué et dépassé, surtout en comparaison d’artistes ayant fait parler d’eux ces derniers temps. A$AP, Kendrick Lamar, Vince Staples, Jay-Z, Joey Bada$$,… autant de rappeurs qui ont marqué la scène US cette année et relèguent Eminem et Revival au second plan.

Certains éléments semblent pourtant lui donner raison, commercialement surtout, avec son entrée dernièrement à la première place du Billboard Top 200, devenant par la même occasion le premier artiste à débuter premier 8 fois consécutives.

 

 

4 ans après son dernier disque,  Eminem était attendu au tournant par les fans. Il semble que le rendez-vous est manqué. La volonté de s’ouvrir à un nouveau public et quelques titres engagés n’auront pas payé. Revival apparaît comme un succès commercial qui se traîne en longueur et se perd dans un style pop-rock qui ne ressemble pas à l’artiste de Détroit. Difficile de s’imposer dans le flou quand les rappeurs se bousculent au portillon pour truster le devant de la scène. Si aujourd’hui, il n’a plus grand chose à prouver, Eminem devra se remettre en question, faute de quoi « The King of Hip-Hop » risque d’être déchu…!

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Martin Hortin

Etudiant en électronique mais passionné par l'écriture, l'actu, et le sport, j'espère pouvoir transmettre certaines clés pour une meilleure compréhension de notre monde !
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