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« Le Grand Jeu », plongée de haut vol dans le poker

« Le Grand Jeu », plongée de haut vol dans le poker
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Vous vous y connaissez en poker ? Le Grand Jeu vous embarque dans une plongée dans les salons luxueux où stars et hommes d’affaires jouent des millions.


 

La prodigieuse histoire vraie d’une jeune femme surdouée devenue la reine d’un gigantesque empire du jeu clandestin à Hollywood et à New York. D’abord simple assistante, elle supervise les parties clandestines de son patron. Renvoyée sans ménagement, elle décide de monter son propre cercle où les stars hollywoodiennes, les millionnaires et les grands sportifs accourent. Acculée par les agents du FBI décidés à la faire tomber, menacée par la mafia russe décidée à faire main basse sur son activité, et harcelée par des célébrités inquiètes qu’elle ne les trahisse, Molly Bloom se retrouve prise entre tous les feux avec pour seul soutien son avocat très sceptique sur sa véritable personnalité.

 

★★★★☆ – À ne pas manquer

 

L’histoire d’une personnalité inspirante

 

Molly Bloom est un roc : qu’importent les obstacles, elle les surmonte tous. Skieuse professionnelle, comme son grand frère médaillé olympique, elle se blesse au dos sur la piste : les médecins lui interdisent le ski, un an plus tard elle est de retour dans la poudreuse. Aux sélections olympiques, une brindille détache ses skis : elle fait une chute violente qui stoppe net sa carrière mais elle arrive à se relever malgré ses blessures et à avancer. Lorsqu’elle arrive à Los Angeles pour prendre une année sabbatique avant ses années d’étude de droit, son père désapprouve son choix et lui coupe les vivres : elle trouve un boulot de serveuse dans un club puis d’assistante pour un patron qui la méprise et l’exploite sans ménagement. Il l’embauche aussi pour superviser ses parties de poker : il n’hésite pas à la rabaisser et, jaloux de son succès auprès des joueurs, la licencie brutalement après lui avoir coupé son salaire. Elle monte alors une table de poker dans un hôtel de luxe et vole tous les joueurs de son patron, des célébrités de la musique, du cinéma, du sport ou bien des hommes d’affaires milliardaires. Elle n’hésite pas à rebondir, à passer de Los Angeles à New York pour fonder un nouveau cercle avec de nouveaux joueurs encore plus fortunés. Face à chaque problème qu’elle anticipe, elle trouve une solution : son audace et sa ténacité à toute épreuve est impressionnante. Molly cherche à prouver aux autres mais aussi à se prouver à elle-même qu’elle peut avoir le pouvoir sur les autres et être à la tête d’un empire financier : elle devient « La Princesse du Poker » (surnom donnée par les médias) pour gagner une reconnaissance qu’elle recherche depuis toujours et fait rapidement face à des déboires judiciaires. 

 

Copyright SDN

 

Une mise en scène époustouflante à travers le poker et ses conséquences

 

Dès le départ, on sent la patte Aaron Sorkin déjà présente dans les précédents films qu’il avait écrits (celui-ci est son premier derrière la caméra en plus du scénario) : un personnage, ici Molly, parle en décrivant la situation que le spectateur voit sur l’écran, comme une voix-off. Cette frénésie du dialogue, ce goût de la tirade, associé à l’attachement du scénariste-réalisateur pour les destins exceptionnels et étonnants représente bien la vision d’Aaron Sorkin sur le film. S’il est conseillé d’avoir quelques notions de poker (ou bien de faire quelques recherches comme Molly Bloom lors de sa première partie en tant qu’assistante), le film ne constitue pas non plus une étude approfondie du poker : Molly Bloom et son parcours sont au coeur du récit.

Pour un premier film, la réalisation et la mise en scène sont impressionnantes et démontrent un vrai talent, autant dans l’écriture que derrière une caméra. Sorkin joue avec les plans sur les cartes, parfois très rapides ou très proches, parfois beaucoup plus lents ou beaucoup plus éloignés. Autour des tables de poker se créent des jeux d’ombres et de lumières : les parties clandestines du patron de Molly sont dans un bar miteux avec une lumière tamisée qui va avec la personnalité un peu timide et impressionnable de Molly ; mais plus elle gagne en assurance, plus la lumière est vive. Lorsqu’elle décide de créer son propre cercle (autant à Los Angeles qu’à New York), les lumières scintillent et mettent en valeur la table de jeu et le buffet, sans êtres aveuglantes, mais représentent la réussite de Molly par leur éclat. Molly rayonne et son sourire est radieux : elle aime le pouvoir qu’elle a. Cependant, lorsqu’elle se fait agresser chez elle, le long-métrage expose un jeu d’ombre et de lumière : Molly est en détresse, sa déchéance est proche. On note notamment un plan magnifique avec Molly, blessée et épuisée, le dos appuyé contre sa porte, le visage dans l’ombre et le corps dans la lumière blanche. 

 

Le Grand Jeu est un excellent film biopic sur la vie fascinante de Molly Bloom. Le film est centré sur son parcours, avec en trame continue sa bataille juridique, épaulée par son avocat qui, sceptique au début, s’attache de plus en plus à sa cliente et en vient à la défendre ardemment face à la justice, convaincu de son innocence. Molly Bloom s’est construite une carapace d’acier pour résister face à la pression familiale puis face à la pression qu’elle s’imposait elle-même d’être la meilleure et de réussir tout ce qu’elle entreprendrait. Au cours du film, Molly s’autorise de plus en plus à fissurer sa carapace, à accepter ses doutes et ses faiblesses. Le parcours de Molly Bloom est finalement celui d’une championne qui n’a jamais accepté la moindre défaite. 

 

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Khâgneuse spé H/G. Mi-bretonne mi-parisienne. Amatrice de séries et amie des chats. Nez dans les bouquins et yeux sur un écran.

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