Image Image Image Image Image Image Image Image Image Image
Scroll to top

Top

No Comments

Au Pérou et au Chili, « le pape François n’est pas le bienvenu »

Au Pérou et au Chili, « le pape François n’est pas le bienvenu »
mm

Région qu’il connaît bien pour y avoir grandi, le pape François rend visite en ce moment à l’Amérique latine. Il s’agit de l’événement de l’année, voire de la décennie, pour les deux pays qui l’accueillent, le Chili et le Pérou. Les autorités locales veulent montrer le meilleur de leur pays durant le séjour papale. 2 500 journalistes se sont déplacés à Lima pour retranscrire l’événement au monde entier. Et pourtant…


 

L’accueil devait être chaleureux et les foules en folie, si l’on considère qu’environ plus de 60% de la population péruvienne est chrétienne. Pourtant, quelques jours avant son arrivée, les réactions contre la venue du « Papa Francisco » brouillaient l’image idyllique de sa visite en Amérique latine.  

 

Premiers débordements contre l’Eglise au Chili

 

Le jour même de l’arrivée du pape François au Chili, trois églises ont été incendiées dont une dans une commune proche de la capitale, Santiago de Chile. Et ce n’est pas tout : déjà avant son arrivée, d’autres églises avaient été volontairement enflammées. Selon le journal péruvien El Comercio, les incendies d’églises au Chili ont en fait été commis par les Incas afin de réclamer “le retour aux terres ancestrales” et “la reconnaissance officielle de la langue” de l’époque pré-hispanique. 

Alors qu’était célébrée “La Marche des Pauvres” à Santiago de Chile, des centaines de manifestants ont troublé l’événement en protestation à la visite du pape. Une cinquantaine d’entre eux ont été arrêtés par les autorités chiliennes. Ils souhaitaient dénoncer les centaines de victimes de prêtres pédophiles.  

 

Protestas contra el papa Francisco en Chile

PHOTO MANIFESTATION AU CHILI (foto AP, El Comercio 17.01.2018)

 

L’image du Christ noirci par les flammes

 

Dans la foulée, le « Cristo del Pacifico » de Lima, au Pérou (qui est l’équivalent du « Christ de Corcovado » de Rio de Janeiro), s’est retrouvé coloré de noir. Si les autorités de police péruvienne ont déclaré qu’il s’agissait d’un problème de court-circuit, Alan Garcia, l’ancien président de la République a tweeté, photos à l’appui, qu’il s’agit d’un incendie volontaire.

 

 

Des descendants d’Incas demandent des excuses de la part de l’Eglise 

 

A Cusco, capitale de l’Empire Inca, les organisations sociales et culturelles de la ville ont écrit une lettre ouverte au pape François. Ils réclament à l’Eglise de leur rendre “El Templo de Qorikancha”. Ancien temple religieux de l’Empire Inca, le site fut converti en un temple chrétien lors de l’invasion espagnole dans les années 1530. Sous les caméras, les descendants de l’Empire des Incas ont donc procédé à des rites ancestraux en costume d’époque, pour attirer l’attention du pape.

 

Organizaciones sociales y culturales de Cusco enviaron carta en la que piden al santo padre que el antiguo templo inca sea dispuesto para realizar ritos andinos

Les membres de cette association de Cusco souhaitent de nouveau pouvoir célébrer leurs rites ancestraux dans le Temple de Qorikancha. PHOTO PERU 21.

 

La visite du Pape va coûter 11,4 millions de dollars à l’Etat péruvien 

 

Dans un pays comme le Pérou où 20% de la population vit encore sous le seuil de pauvreté, la venue du pape ne fait pas l’unanimité, quand bien même les médias y consacrent beaucoup de leur encre et de leur temps d’antenne. “Les médias ne semblent pas traiter des sujets qui nous touchent vraiment” confie Fernando, un chauffeur de taxi à Lima : “Si l’Etat peut dépenser autant d’argent pour le pape (la visite du Pape va coûter 11,4 millions de dollars à l’Etat péruvien, ndlr), pourquoi ne le fait-il pas pour sa propre population en besoin ?” 

 

Au moment de la rédaction de cet article, le pape François rencontrait des victimes d’abus sexuels commis par des prêtres au Chili. C’est une première dans l’histoire du Vatican, où les scandales des prêtres pédophiles furent tabous et niés durant de nombreuses années. Un symbole fort, et qui éclipsera sans doute les protestations émaillant actuellement la visite du pape François en Amérique latine.

The following two tabs change content below.
mm

Laura Roudaut

Étudiante lilloise en licence de science politique

Submit a Comment