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« Le Tsunami », ou les coulisses d’une incroyable élection présidentielle, entretien avec Jean-Baptiste Marteau

« Le Tsunami », ou les coulisses d’une incroyable élection présidentielle, entretien avec Jean-Baptiste Marteau
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Le Tsunami, titre si fidèle à l’année 2017 qui s’écoule ; les deux journalistes politiques Jean-Baptiste Marteau de France 2 et Neila Latrous de BFM TV bouclent la boucle en sortant un livre sur l’élection présidentielle. Chronique secrète d’une année politique pas comme les autres, anecdotes, coulisses : Jean-Baptiste Marteau a répondu aux questions de Radio Londres.


 

Théo Metton : Jean-Baptiste, pourquoi avoir eu envie d’écrire Le Tsunami ?

Jean-Baptiste Marteau : Depuis septembre 2016, on commençait déjà à sentir que ça allait être une année assez exceptionnelle, et dans mon portable, tout simplement, je prenais des notes de tout ce que l’on voyait chaque jour, de toutes les phrases un peu chocs que l’on pouvait entendre, des anecdotes, de ce qu’on voyait à la rédaction, notre quotidien presque. Je m’étais dit « Bon on note et on verra bien ce qu’on en fait ». Plus ça avançait, notamment après le renoncement de Hollande, après la victoire de Fillon, la défaite de Valls, de Hamon… Plus je me disais qu’il fallait en faire quelque chose. Et j’ai tout simplement rappelé mon éditeur avec qui j’avais déjà fait deux livres*. Au départ, il s’interrogeait sur l’intérêt que cela pourrait avoir : on a donc fait un chapitre test et il a adoré. Il m’a dit « Effectivement, il y a quelque chose à faire, c’est génial, on y va ! » J’ai alors rappelé ma vieille amie et coauteure Neila Latrous, qui était évidemment partante (rires).

 

T.M : Est-ce qu’il n’est pas difficile d’écrire à quatre mains ?

J-B.M : On en a l’habitude maintenant. On se connaît par cœur, donc on a une méthode de travail extrêmement rodée, très efficace et complémentaire ! Il n’y a jamais eu une engueulade entre nous, mais des moments de débats pour savoir si telle ou telle anecdote devait apparaître. Nous avons suivi certaines choses seuls; d’autres, nous les avons vécues ensemble puisque l’on s’est retrouvés énormément de fois sur le terrain. C’est un livre beaucoup plus riche que si je l’avais fait seul.

 

T.M : Combien de temps avez-vous mis pour l’écrire ?

J-B.M : C’est difficile de quantifier, en tout cas plusieurs centaines d’heures ça c’est sûr (rires) ! On avait rédigé quelques notes très détaillées au fur et à mesure. La rédaction pure, on l’a faite entre septembre et début décembre. On a déjà des métiers très prenants, des journées de travail à rallonge, du coup on a beaucoup travaillé le soir, on s’est enfermés les dernières semaines tous les week-ends dans un bureau.

 

Jean-Baptiste Marteau
© France 2

 

T.M : Quel souvenir gardez-vous de cette campagne ?

J-B.M : Il y en a eu 500 en fait. Chaque jour, il y avait un rebondissement. Tous les soirs, quand on finissait le 20h, on se retrouvait au service politique et on se regardait avec toute l’équipe en se disant « Wouah, mais quelle journée de dingue !« . Même maintenant, quand je relis le livre, je me dis « C’est hallucinant tout ce qu’on a vécu ! » et encore, on a dû faire le tri (rires) !

 

T.M : Qu’est-ce qui vous a marqué pendant cette période et que vous racontez dans le livre ?

J-B.M : On parle beaucoup de Marine Le Pen forcément, sur la fin, avec des anecdotes multiples qui montrent l’impréparation et les erreurs de stratégie qu’elle a pu faire, et sa relation très particulière avec la presse, comme les coups de téléphone qu’elle pouvait passer à 6h du matin pour se plaindre de quelque chose ou son agenda qui était toujours mystérieux (il fallait mener des heures d’enquête pour tenter de l’avoir !). Mais c’est aussi comment Emmanuel Macron a refusé lui aussi le nom de certains journalistes pour le débat de l’entre-deux tours. On raconte également le fait que François Fillon, jusqu’à la dernière minute le jour du Trocadéro, hésite à abandonner ou non. Quand il rentre sur le plateau du 20h de France 2 le dimanche soir, son entourage a un vrai doute sur le fait qu’il puisse abandonner. Il y a aussi comment Nicolas Sarkozy fait des confidences en disant que la GPA ne le dérange pas forcément …

 

« On s’est très vite aperçus que c’était une présidentielle qui allait rester dans les mémoires pour encore longtemps. Je pense que dans 20 ans, on fera des cours à Science Po sur l’année 2017. »

 

T.M : Qui espérez-vous toucher avec ce livre ?

J-B.M : Contrairement à nos deux précédents livres, on parle plus au grand public qu’à nos confrères. Ici, on fait beaucoup de pédagogie, le but c’est d’expliquer tout ce qu’il y a derrière ce que vous avez pu voir à la télé. Ca va du comportement des hommes politiques à comment, en tant que journaliste dans une campagne aussi folle, on arrive à travailler, à quel moment on décide ça ou ça, les interrogations que l’on peut avoir… C’est un livre extrêmement pédagogique sur notre métier de journaliste pendant cette période, qui se lit presque comme un roman, et ça, c’est top !

 

T.M : Est-ce qu’il y a quelque chose qui a été particulièrement complexe à raconter ?

J-B.M : On s’est beaucoup dit « Est-ce qu’on craque le off ou pas ?« . Globalement, on a tout raconté (rires) ! Mais on se demandait souvent si on n’allait pas trop loin sur certaines choses, même dans la formulation. D’où l’avantage d’être à deux, on s’est relus mutuellement, on a réécrit…

 

Merci à Jean-Baptiste Marteau d’avoir pris le temps de nous répondre.

 

L’avis de la rédac’ : Ce livre est à lire absolument, que vous soyez passionnés de politique et de médias, ou non. Vous découvrirez tout ce que vous n’avez pas vu à l’écran. Une fois entamé, on ne peut plus lâcher Le Tsunami ; il casse les codes et les mythes, on sait enfin ce qu’il se passe derrière la caméra, en off (comme on dit) lorsque les politiques s’adressent aux journalistes, on découvre la face cachée des candidats et de leurs proches. Jean-Baptiste Marteau et Neila Latrous racontent avec perfection ce qu’ils ont vécu, nous avons réellement l’impression d’être à leur place !

* Jean-Baptiste Marteau est auteur avec Neila Latrous de deux autres livres :

« UMP, un univers impitoyable » (2012) et « Bal tragique à l’UMP  » (2013)

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Théo Metton

Lycéen passionné de journalisme, j’anime la radio de mon lycée, inspiré par mon expérience à Radio France. Journaliste en devenir ?

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