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Les cinq moments qui ont marqué les JO de Pyeongchang

Les cinq moments qui ont marqué les JO de Pyeongchang
Alexandre Ravasi

Les premiers Jeux olympiques d’hiver sud-coréens de l’histoire se sont achevés dimanche après deux palpitantes semaines de compétition. Entre exploits, surprises et promesses, la grande messe des sports d’hiver aura été riche en émotions et souvenirs qui resteront gravés dans les mémoires. Retour sur cinq épisodes qui ont marqué nos esprits et laisseront une trace indélébile dans l’histoire du sport.


 

1. Le sprint d’anthologie entre Fourcade et Schempp

 

14 cm. 14 cm, c’est ce qu’il aura fallu à Martin Fourcade pour rentrer dans la légende du sport français. Ce dimanche 18 février, le Catalan se présente au départ de la mass-start, dernière épreuve individuelle, dans la position de favori incontesté. S’il la remporte, il devient le seul sportif français le plus titré de l’histoire des Jeux olympiques d’hiver, avec quatre médailles d’or, battant ainsi Jean-Claude Killy, qu’il avait égalé une semaine plus tôt avec son titre sur la poursuite. 6,5 millions de Français sont devant leur téléviseur ce jour-là pour assister aux exploits du co-meilleur biathlète de tous les temps, record historique pour cette compétition. En confrontation directe avec l’Allemand Simon Schempp au dernier tir debout, les deux hommes ressortent ensemble avec un tour de pénalité. Fourcade ne parvenant pas à lâcher l’un de ses plus grands rivaux dans le dernier tour, l’affaire se règle au sprint. Et à ce jeu-là, le Français n’est pas infaillible. En tête à l’entrée de la ligne droite, il se fait peu à peu rattraper pour s’effondrer en même temps que son adversaire sur la ligne d’arrivée. Après de longues minutes de suspense et d’incompréhension, c’est la délivrance : Fourcade l’emporte… pour 14 cm ! Avec l’or sur le relais mixte quelques jours plus tard, grâce à un dernier tir magistral dont lui seul a le secret, l’ogre pyrénéen devient le français le plus doré aux JO, été et hiver confondus. Il aura aussi contribué à rapporter plus de la moitié (3 sur 5) des médailles d’or françaises dans cette édition. Pour tout cela et plus encore, merci Champion.

 

2. Ester Ledecka, la polyvalence à l’état pur

 

Lorsqu’Ester Ledecka prend le départ du super-G, la plupart des télévisions ont déjà rendu l’antenne. Il faut dire que la double championne du monde de snowboard parallèle, dossard n°26, ne possédait jusque-là qu’un seul top 10 en ski alpin (7e de la descente de Lake Louise). Rien ne prédestinait donc la leader de la Coupe du monde de snowboard à faire bonne figure ici. Et pourtant, lorsqu’elle passe la ligne quelques instants plus tard, un silence s’abat dans l’aire d’arrivée. Anna Veith, tenante du titre et quasi-assurée du doublé, regarde le chrono ébahie. Il affiche un centième d’avance. Une marge infime, qui suffit à faire rentrer la Tchèque de 22 ans dans la légende. La principale intéressée reste paralysée de longues secondes dans l’aire d’arrivée. C’est le caméraman qui vient lui informer qu’elle a gagné. Elle lui rétorque « non, c’est impossible », sûre d’elle. Il lui faudra plusieurs minutes pour qu’elle soit assurée qu’il n’y avait pas d’erreur de chrono. Elle ira même demander à sa mère si elle n’avait pas raté de porte. La magie des Jeux avait frappé. Quelques jours plus tard, elle remportera en toute logique l’or en slalom parallèle de snowboard, devenant la première athlète à s’imposer dans deux disciplines dans une même édition des Jeux d’hiver. Pour l’anecdote, l’athlète ne possède même pas son propre matériel de ski… elle a donc dû employer une paire prêtée par la meilleure skieuse de la planète, Mikaela Shiffrin. La chance sourit décidément aux audacieux.

 

L’incrédulité d’Ester Ledecka en découvrant le chrono

 

3. La reine olympique Marit Bjoergen délivre la Norvège 

 

Avant le départ de l’ultime épreuve des JO, la mass-start 30 km classique de ski de fond, la Norvège n’est que deuxième au classement des médailles. L’Allemagne mène en effet 14 médailles d’or à 13. Il suffit cependant d’un titre à la Norvège, qui possède plus d’argent, pour être sacrée meilleure nation. Et ce titre, c’est tout simplement la plus grande athlète de l’histoire des sports blancs qui va le rapporter. Marit Bjoergen. À 37 ans, la vétérane aux 110 victoires en Coupe du monde va faire exploser ses cadettes, les reléguant à deux minutes. Elle devient ainsi l’athlète la plus titrée aux JO d’hiver, à égalité avec Ole Einar Bjoerndalen et Bjorn Daehlie, avec huit médailles d’or en trois éditions. Elle est à elle seule l’athlète la plus médaillée de l’histoire des JO, avec 15 breloques à son actif, mais aussi de cette édition 2018, avec cinq médailles en autant d’épreuves disputées. Cette accumulation de records renforce la légende de « Gull-Marit » (« Marit en or » en norvégien).

 

4. Les deux Corées, un rapprochement inespéré 

 

Ces Jeux se sont avérés éminemment politiques, avec la participation conjointe de la Corée du Nord et de son homologue du Sud. Le leader nord-coréen Kim Jong-un a accepté d’envoyer une délégation de vingt-trois athlètes chez son voisin. Au-delà de ce premier pas historique, les deux nations ont défilé ensemble, sous un même drapeau, lors des cérémonies d’ouverture et de clôture. Ils ont même fait cause commune lors de la compétition de hockey féminin, dans laquelle l’équipe coréenne n’a remporté qu’un seul point en trois matches. Mais l’essentiel était ailleurs. Kim Yo-Jong, représentante de Pyongyang, s’est entretenue avec le président sud-coréen Moon Jae-in, et lui a transmis une lettre de son frère l’invitant à venir le rencontrer. Cette détente inédite depuis l’entrée en guerre des deux pays en 1953 est révélatrice du rôle primordial du sport dans la diplomatie, en tant que vecteur de paix et de solidarité à l’échelle internationale. 

 

La poignée de main historique entre les deux représentants

 

5. La finale de danse sur glace atteint des sommets

 

Un niveau de grâce, d’intensité et de performance jamais atteint. C’est ce à quoi les spectateurs de la patinoire de Gangneung ont pu assister. À l’issue d’un programme court proche de la perfection, le couple canadien Tessa Virtue/Scott Moir, champion du monde en titre, vire en tête. Les jeunes français Gabriella Papadakis/Guillaume Cizeron, qui ont battu trois fois le record du monde depuis septembre, ne sont qu’à 1,74 points de la tête. Un écart à la fois minuscule et immense, qui aurait pu être réduit si le tour de cou de la robe de la tricolore ne s’était pas décousu au bout de 20 secondes de programme, l’obligeant à patiner pendant trois minutes à la limite de finir topless. Le couteau entre les dents, les français sortent la nuit suivante le meilleur programme libre de l’histoire. Pas de quoi déstabiliser les expérimentés canadiens, qui dans un style plus moderne remportent leur second titre olympique (après Vancouver 2010), avec un écart de… 0,79 points devant les Français. Mais à 22 et 23 ans, les champions d’Europe ont l’avenir devant eux pour établir une nouvelle meilleure marque mondiale.

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Comments

  1. Florian Esslinger

    Ce sprint de Fourcarde!!!

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