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Les cinq figures dont vous allez forcément entendre parler pendant les JO

Les cinq figures dont vous allez forcément entendre parler pendant les JO
Alexandre Ravasi

Vendredi s’ouvrent les 23e Jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang. Derrière les incontournables Marcel Hirscher et Martin Fourcade, renommés au-delà du monde des sports blancs, se profilent d’autres skieurs encore méconnus du grand public mais qui risquent fort de se parer d’or en Corée du Sud. Zoom sur cinq de ces cadors et favoris dans leur discipline, grâce à leur passé olympique ou leurs résultats cette saison.



Johannes Hoesflot Klaebo (Ski de fond)

 

Vous ne connaissez sûrement pas le talentueux Norvégien. Et on ne peut vous en vouloir car le prodige de 21 ans n’est arrivé sur le circuit principal que l’année dernière. Sa progression est depuis fulgurante : en une saison et demie, il a accumulé 12 victoires et 18 podiums pour 24 départs en Coupe du Monde… soit cinquante pour cent de succès ! Outre sa régularité, c’est surtout sa polyvalence qui impressionne. Aussi performant en style classique qu’en libre, le lauréat du classement général du sprint 2017 est devenu irrésistible sur les épreuves de distance. Cette saison, il reste sur 10 victoires et 2 deuxièmes places… en 13 courses disputées. Doté à la fois d’un ski puissant, d’un état d’esprit serein et d’une maturité étonnante pour son âge, il partira favori du sprint classique, du skiathlon (15 km classique/15 km libre), du 15 km libre et du 50 km classique en mass-start. Pour décrocher quatre médailles d’or individuelles pour ses premiers JO, il devra tout de même se méfier de Federico Pellegrino, son principal rival sur le sprint. Sans oublier le français Maurice Manificat, notre principale chance de médaille en fond, et le suisse Dario Cologna, vainqueur de la mythique épreuve du Tour de ski le mois dernier.

 


Anastasia Kuzmina (Biathlon)

 

Elle n’est pas (à l’inverse de Klaebo) la grande favorite des épreuves féminines de biathlon, tant la densité d’athlètes susceptibles d’accrocher un podium pendant ces trois semaines est importante. Cependant, la sœur du russe Anton Shipulin, non-sélectionné par le CIO en raison de soupçons de dopage, offre des garanties suffisantes pour pouvoir compter sur elle. Déjà, elle est en passe de réaliser un exploit unique : remporter pour la troisième fois d’affilée le titre olympique du sprint, après Vancouver (2010) et Sotchi (2014). À maintenant 33 ans, elle possède l’incroyable faculté d’être en forme à l’aune de chaque rendez-vous olympique. Bien qu’elle ne possède ni titre mondial, ni globe de cristal (attribué au lauréat du classement général d’une spécialité), elle compte trois médailles olympiques. Pyeongchang semblait cependant compromis pour celle qui fut naturalisée slovaque en 2008 : absente deux saisons d’affilée pour grossesse, elle n’a terminé qu’à la 40e place du classement général la saison dernière. Et pourtant, elle réalise un exercice 2017/2018 flamboyant, fort de quatre succès et sept podiums en 14 départs. Son point fort ? L’un des skis les plus rapides du circuit, qui lui permet de reprendre 30 secondes à une minute à ses rivales sur la piste. Son principal défaut ? Son tir, où elle affiche 82 % de réussite, et notamment le couché (80 %). Celui-ci rend ses résultats irréguliers par rapport à Kaisa Makarainen (85 %), Darya Domracheva (88 %) ou encore Laura Dahlmeier (89 %), également très affûtées sur les spatules. Cependant, avantage à la Slovaque sur les exercices à deux tirs comme le sprint ou la poursuite.

 

Kamil Stoch (Saut à ski, en couverture)

 

Le Polonais de 30 ans se présente dans la même posture que Kuzmina : double médaillé d’or olympique, il revient sur le devant de la scène cette saison pour remettre ses titres en jeu. La sauteur de Zakopane avait réalisé l’exploit à Sotchi en 2014 de remporter les titres sur petit et grand tremplin, quatre ans après le mythique Simon Amman (qui avait déjà réalisé le doublé en 2002). Vainqueur de la Coupe du Monde cette saison-là, il était les deux saisons suivantes retombé dans l’anonymat. Cependant, miracle, il réalise la meilleure saison de sa carrière l’année dernière : il s’adjuge sept victoires, la tournée des Quatre Tremplins, et vient échouer à une poignée de points de Stefan Kraft au classement général. Jamais rassasié, le champion du monde 2013 vient de signer un exploit majuscule, réalisé par le seul Sven Hannawald auparavant : remporter les quatre étapes successives de la tournée des Quatre Tremplins, soit le Grand Chelem. Cet homme des grands rendez-vous totalise aujourd’hui 26 victoires et 51 podiums individuels, ce qui en fait l’un des palmarès les plus prolifiques de l’histoire du saut à ski. Même si Richard Freitag et Daniel Andre Tande lui offriront une opposition de choix, Stock s’avance en favori pour un triplé inédit, avec pourquoi pas le titre par équipes en prime, la Pologne étant championne du monde en titre et meilleure nation du monde actuellement.

 

Sofia Goggia (Ski alpin)

 

Le choix fut particulièrement corsé dans cette discipline, tant elle regorge de talents et d’athlètes expérimentés. Comme pour le ski de fond, j’ai décidé d’apporter un vent de fraîcheur en évoquant une néophyte des JO. L’italienne de 25 ans a fait une entrée fracassante en Coupe du Monde l’année dernière en montant sur le podium du général pour sa première saison complète chez les pros. Auréolée de 13 podiums, soit autant que Mikaela Shiffrin et Ilka Stuhec devant elle, la native de Bergame a évolué à un niveau où personne ne l’attendait. Du moins, pas si tôt. Paradoxalement, elle a fait preuve d’une constance digne des plus grandes, malgré son manque d’expérience et l’un des skis les plus à risque du circuit. Avec un engagement sans limite et des courbes taillées au couteau, elle n’est pas à l’abri d’erreurs ou de sorties de piste, comme à cinq reprises cette saison. Malgré tout, elle reste au premier plan avec sept podiums et une 5e place au général. Malgré tout, elle n’a glané jusqu’à présent que quatre succès (sur 20 podiums) : deux en descente cette année, et deux la saison dernière… mais pas n’importe lesquels ! Ces deux victoires ont été acquises en super-G et en descente à l’occasion du week-end de Jeongseon, sur la même piste que celle de ces JO… c’est dire si elle l’affectionne ! Enfin, outre sa détermination et sa régularité, c’est sa polyvalence rare qui explique ce classement. Deuxième de la descente, troisème du géant, sixième du super-G aux classements de l’année dernière, elle peut légitimement viser une médaille dans ces trois disciplines, voire au combiné (qui mêle descente et slalom). Sur les épreuves de vitesse, elle reste cependant un cran en dessous de la meilleure skieusee de l’histoire, Lindsey Vonn, voire de Lara Gut. En géant, ce sont la leader du classement Victoria Rebensburg, sa compatriote Federica Brignone et surtout l’immense Mikaela Shiffrin et ses 10 victoires cette saison qui chercheront à lui barrer la route.

 


 

Akito Watabe (Combiné nordique) 

 

Comme Klaebo, Stoch, Goggia pour la descente, et presque Kuzmina, 2e derrière Makarainen, le japonais Akito Watabe est leader du classement de général de la Coupe du Monde de sa discipline. Une discipline pourtant attractive, combinant saut à ski et ski de fond, mais largement méconnue. Réservé aux hommes, le combiné nordique ne parvient à trouver un leader incontestable cette saison. Soit les athlètes sont excellents sauteurs mais piètres skieurs (Andersen, Riiber), soit sauteurs catastrophiques mais magnifiques skieurs (Kokkslien, Moan, Pittin), qui peuvent cependant tirer leur épingle du jeu s’ils réalisent un exploit sur le tremplin. Jetons donc notre dévolu sur les skieurs les plus complets. Parmi ceux-ci, on retrouve deux des meilleurs sauteurs du monde, qui se disputent le leadership du classement général desuis le début de l’année : Jan Schmid et Akito Watabe. Peu de choses séparent le Norvégien de 34 ans, qui vient seulement d’exploser avec trois succès, et le Japonais de 29 ans, qui totalise six succès cette année. C’est pour son expérience que j’ai choisi le natif d’Hakuba : depuis 2011, il n’a jamais quitté le podium du classement général de la Coupe du Monde, sans jamais le remporter. Six ans au top niveau, à tourner autour du Globe de Cristal ou d’un premier succès aux Championnats du monde (argent en 2017) ou aux Jeux olympiques (argent en 2014). Il est enfin temps que ce Poulidor aux 10 succès pour 49 podiums (!) en Coupe du Monde trouve le chemin du succès et remporte le premier grand titre de sa carrière. Il est dans la meilleure des formes, mais doit tout de même se méfier de l’armada allemande et de ses excellents skieurs (Rydzek, Riessle et l’historique Frenzel). N’oublions pas non plus Joergen Graabak, tenant du titre sur Grand Tremplin.

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Comments

  1. Florian Esslinger

    Super article. Tu avais plutôt vu juste même si Watabe est passé à côté.

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