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Tournoi des VI Nations 2018 : enjeux et présentation

Tournoi des VI Nations 2018 : enjeux et présentation
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Mettant chaque année aux prises Anglais, Irlandais, Gallois, Écossais, Français et Italiens, le Tournoi des VI Nations de rugby démarre ce samedi 3 février. En pleine reconstruction, le XV de France aura fort à faire s’il veut reconquérir un titre qui lui fuit depuis 2010. Présentation de la compétition et des adversaires de l’Équipe de France.


 

Une équipe de France en reconstruction

 

Un nouveau sélectionneur pour un nouveau départ ? C’est ce qu’espèrent les supporteurs de l’équipe de France, qui attendent beaucoup de Jacques Brunel, nommé le 27 décembre à la tête des Bleus. L’ancien manager de l’Union Bordeaux-Bègles a remplacé au pied levé Guy Novès, licencié après des résultats catastrophiques (seulement trois victoires en douze matchs disputés en 2017). Pour autant, Brunel doit faire face aux mêmes problèmes que son prédécesseur, avec une ribambelle de joueurs blessés (Parra, Lopez, Fofana, Penaud, Nakaitaci, Dulin, Chat…) ou suspendus (Bastareaud) qui l’ont contraint à sélectionner des joueurs vierges de toute expérience internationale.

L’exemple le plus parlant est celui de Mathieu Jalibert : à dix-neuf ans, le Bordelais a disputé son premier match de Top 14 en octobre dernier, et sera déjà titulaire au poste de demi d’ouverture contre l’Irlande samedi. Si son talent n’est pas à discuter, beaucoup d’interrogations existent quand à la pertinence de sélectionner un joueur qui ne compte qu’une dizaine de matchs professionnels à son actif. D’autant que son remplaçant, Anthony Belleau, n’est guère plus expérimenté (21 ans et 2 sélections). Comme Jalibert, Geoffrey Palis (Castres) va disputer ses premières minutes internationale sur le pré de Saint-Denis.

En reconstruction totale, le XV de France peut néanmoins s’appuyer sur une expérience forte de certains de ses cadres, à commencer par son capitaine Guilhem Guirado. Avec 56 sélections, le Toulonnais s’impose comme le taulier de cette équipe, épaulé par quelques autre joueurs capés à de nombreuses reprises, comme Rabah Slimani (42 sélections), Maxime Machenaud (31 sélections) ou bien Sébastien Vahaamahina (28 sélections). Ce mélange entre (beaucoup de) jeunesse et (un peu d’) expérience fonctionnera-t-il ? C’est tout le mal que l’on souhaite à l’Équipe de France, d’autant que la concurrence s’annonce féroce.

 

Les favoris : Angleterre et Irlande

 

Irrésistible depuis le fiasco de « sa » Coupe du Monde 2015, l’Angleterre n’a perdu qu’un seul match depuis (en Irlande) et vient de remporter deux fois consécutivement le Tournoi des VI Nations. La passe de trois serait historique mais semble à la portée des hommes d’Eddy Jones. Malgré les blessures de certains cadres (Vunipola, Daly ou encore Haskell), le XV de la Rose pourra compter sur des cadres qui figurent parmi les meilleurs joueurs du monde, comme Owen Farrell, Maro Itoje ou encore George Ford. Petit bémol pour les Anglais : le calendrier leur offre trois déplacements pour seulement deux réceptions, contre le Pays de Galles et l’Irlande. Un handicap qui ne devrait cependant pas trop perturber des joueurs qui ont gagné à trois reprises en Australie en juin dernier.

Victorieuse en 2014 et en 2015, seconde en 2017, l’Irlande semble en mesure de renverser l’ogre anglais et de remporter le Tournoi des VI Nations cette année. Guidé par une charnière composée de Conor Murray et de Jonathan Sexton, le XV du Trèfle fait office de favori pour remporter le trophée. Plutôt épargnée par les blessures, l’équipe de Joe Schmidt peut s’appuyer sur la bonne dynamique de ses deux franchises, le Leinster (équipe de Dublin) et le Munster (équipe de Cork et Limerick) qui ont survolé leur poule respective de Champions Cup et qui comptent dans leurs rangs la plupart des internationaux irlandais. Le rêve de Grand Chelem (remporter ses cinq matchs) est à la portée de l’Irlande qui ne l’a plus réalisé depuis 2009

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Les outsiders : Écosse et Pays de Galles

 

Qu’elle semble loin, l’époque où l’Écosse luttait contre l’Italie pour éviter la cuillère de bois (perdre ses cinq matchs). Depuis la Coupe du Monde 2015 au cours de laquelle il était à deux doigts d’atteindre les demi-finales, le XV du Chardon n’en finit plus de progresser. Lors de la tournée de novembre, les Écossais ont sévèrement battu l’Australie (53-24) avant de chuter de peu contre les All Blacks (17-22). À titre de comparaison, la France a encaissé un sévère 38-18 contre le même adversaire à la même époque. Emmenés par une ligne de trois-quarts impressionnante (Hogg, Russell, Seymour…), les Écossais ne sont pas favoris mais ont les moyens de créer la surprise et de remporter un trophée qu’Édimbourg n’a plus vu depuis 1999.

Si le Pays de Galles était au complet, on lui attribuerait un statut de favori au même titre que l’Irlande ou que l’Angleterre. Le problème, c’est que le XV du Poireau est amputé de pas moins de sept joueurs clés, dont le capitaine Sam Warburton ou encore le buteur et demi d’ouverture Dan Biggar. Avec une demi-équipe à l’infirmerie, difficile pour un pays qui ne compte que trois millions d’habitants de trouver des remplaçants de niveau international. De plus, la forme actuelle n’incite guère à l’optimisme puisque les Gallois ont eu un mal fou à se défaire de la Géorgie en novembre, après avoir perdu contre l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Moins armé que les années précédentes, le Pays de Galles ne semble pas en mesure de remporter le trophée, mais aura à cœur de prouver qu’il faut toujours compter sur lui.

 

L’interrogation : l’Italie

 

Sans victoire dans le Tournoi depuis bientôt trois ans, l’Italie n’aborde pas cette échéance sereinement. Devant les défaites répétées de la Squadra Azzurra, de plus en plus de voix s’élèvent pour instaurer un système de promotion et de relégation dans la compétition (le Tournoi des VI Nations B existe, composé de la Géorgie, de la Roumanie, de la Russie, de l’Espagne, de l’Allemagne et de la Belgique). Il faut dire que depuis son entrée dans le Tournoi en 2000, l’Italie n’a remporté que 12 des 80 matchs qu’elle a disputé. Pire, après de nets progrès affichés il y a quelques années (sous la houlette d’un certain Jacques Brunel, sélectionneur entre 2011 et 2015), l’Italie est rentrée dans le rang. À l’heure où l’Écosse affiche de nets progrès et s’est détachée de la bataille pour ne pas finir dernier, les Italiens semblent avoir raté le bon wagon et paraissent toujours plus loin de leurs adversaires. Malgré l’apport de leur capitaine emblématique Sergio Parisse (Stade Français), tout autre résultat qu’une sixième place serait vu comme un exploit chez nos voisins Transalpins.

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Elio Bono

Étudiant en 1ère année à Sciences Po Paris (campus de Poitiers). Grand amateur de politique française et internationale mais aussi d'économie et de sport

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