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Front National : à Lille, la nouvelle génération se prépare

Front National : à Lille, la nouvelle génération se prépare
Camille Baron

Ils ont moins de trente ans et déambulent en costume impeccable dans les allées du Congrès du Front National à Lille. Une nouvelle génération, représentant l’avenir du parti, qui est d’autant plus touchée et concernée par ce week-end voulu de « refondation ». 


 

« Je me reconnais dans les idées et les valeurs que porte le FN », explique Rafael, 18 ans et étudiant en droit. A côté de lui, Dany renchérit : « Qui d’autre que le FN pour le renouveau ? ». Pour cet étudiant en community management de 22 ans, le FN est « le parti de l’avenir ». Un sentiment partagé par les 25 000 adhérents (à jour de cotisations et en retard d’un an) du Front National Jeunesse. Pour son directeur national de 23 ans, Gaetan Dussausaye, s’engager dans le parti est maintenant une question de convictions, et plus un « pied-de-nez au système » comme avant 2014.

 

Quelques jeunes élus au Congrès

 

Pour expliquer l’engouement des jeunes militants, les cadres du partis avancent différentes raisons : « une défense de l’identité et de l’indépendance de la France à laquelle les jeunes sont sensibles » pour Bruno Gollnisch, la « volonté de se débarrasser du clivage gauche-droite » pour Nicolas Bay. Mais surtout, d’un commun accord, la place importante donnée aux jeunes. Si pour beaucoup, les missions se résument pour l’instant à du tractage et une vague « aide à la communication », les jeunes frontistes présents à Lille espèrent pour la plupart évoluer dans le parti. « On vient montrer aux adhérents que la jeunesse est là », clame Adrien, 19 ans. Une jeunesse qui veut se sentir écoutée, et qui défend un parti ayant « une vraie proximité avec les jeunes, qui nous permet de nous engager plus, d’être candidats à des élections », avance Rafael, qui a déjà pu figurer sur une liste. « Nous ne faisons pas de jeunisme. Nous donnons tôt des responsabilités aux jeunes que nous considérons comme des adultes en leur permettant d’être candidats », promet Bruno Gollnisch. Un avis partagé par le vice-président du parti, Nicolas Bay : « il y a déjà beaucoup de jeunes parmi nos électeurs, mais aussi parmi nos cadres et élus », et par Gaetan Dussausaye : « Le parti donne beaucoup de place aux jeunes en leur permettant de faire de la politique et pas seulement en leur demandant de voter. Et ce n’est pas que des paillettes pendant les élections, les jeunes sont sollicités pour tout, notamment l’élaboration des programmes ».

Si des jeunes ont en effet été élus lors du Congrès, le chiffre reste néanmoins plutôt faible. Sur les cents membres du conseil national (ex comité central), seul onze ont trente ans ou moins, et un seul parmi les vingt membres cooptés par Marine Le Pen. Au bureau national du parti, un dixième des quarante élus ont moins de la trentaine. Et les représentants de la nouvelle génération ne parviennent pas non plus à éclipser la présence qui semble inébranlable des historiques du parti, comme Bruno Gollnisch ou Marie-Christine Arnautu.

 

Changer de nom pour séduire la jeunesse

 

Si le FN promet des responsabilités aux jeunes adhérents et militants qui souhaitent s’impliquer, il veut aussi séduire la nouvelle génération lors des échéances électorales. Pourtant, le parti ne parvient pas à s’imposer comme premier parti de la jeunesse lors des dernières élections. A la présidentielle, seulement 21% des 18-24 ans se tournent vers Marine Le Pen au premier tour (30% pour Jean-Luc Mélenchon) et 34% au second tour pour la même catégorie d’âge (66% pour Emmanuel Macron). Alors comment attirer plus de jeunes ? Presque unanimement, cadres et adhérents s’accordent sur le changement de nom, « indispensable pour la refondation, pour montrer qu’on est prêt à s’ouvrir sans se renier », explique Rafael. Mais le « Rassemblement national », qui doit encore être validé par un vote des adhérents, ne convainc pas tout le monde. « Pour moi, ce n’est pas important de changer car notre nom actuel est enraciné dans nos traditions, dans les épreuves et les sacrifices. Je comprends que ce soit important pour les jeunes mais je n’approuve pas », avance Bruno Gollnisch. Mais pour la nouvelle génération, cela permettra de « changer l’image négative du parti et de marquer la rupture », pour Adrien, mais c’est aussi « une étape nécessaire, notamment pour pouvoir discuter avec d’autres élus », pour Gaetan Dussausaye.

 

Changer le nom Front National, d’accord, mais pas encore abandonner la marque Le Pen, « loin d’être un obstacle ». La nouvelle génération ne se risque pas, pour l’instant, à remettre en cause le leadership de « Marine ».

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Camille Baron

Étudiante en troisième année de l'académie ESJ Lille.

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