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Tribune : « La France doit agir pour l’accueil des réfugiés »

Tribune : « La France doit agir pour l’accueil des réfugiés »
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Face aux flux humains de migration, la France a du mal à se positionner. La population semble tiraillée entre une politique de rejet d’un côté, notamment prônée par le FN, et une opposée, à savoir d’accueil et d’intégration des réfugiés. Radio Londres propose un regard sur les tenants et aboutissants du problème.


 

Un contexte propice à l’exil des populations

 

La France a toujours eu une relation particulière avec l’immigrationLes raisons sont à la fois historiques et géographiques. Cependant, on commence à parler de différence de nationalité dès lors que la notion de citoyen a remplacé celle de sujet (du roi). On considère que trois vagues successives ont contribué à la construction « métissée » de notre pays. Une après la Révolution Industrielle qui accouche de la première « loi sur la nationalité » en 1889, une autre durant l’entre-deux-guerres et la troisième après 1945. On estime ainsi qu’entre 1/4 et 1/3 des Français ont des ancêtres issus de l’immigration lorsque l’on remonte de 3 générations. L’Hexagone fait face aujourd’hui à une croissance du nombre d’arrivés, enregistrées ou non. Cependant, les flux modernes diffèrent de ceux passés par leur nature : la France, de terre d’immigration industrielle, s’est transformée en terre d’asile pour des réfugiés fuyant des situations multiples.

Il est intéressant de chercher à comprendre pourquoi les pays occidentaux font face à cette recrudescence. Si l’immigration économique existe, l’explosion des arrivées ne peut souscrire à cette unique raison.

On peut distinguer schématiquement trois types d’immigrations : il existe des réfugiés économiques, des personnes fuyant la guerre et d’autres qui sont forcés de partir face à la crise environnementale. L’augmentation des flux ne peut pourtant pas être décoléré de la croissance parallèle des guerres, notamment au Moyen-Orient, et qui poussent des villes entières sur les routes (on pense par exemple à la destruction intégrale de la ville d’Alep). 

Il reste que les personnes touchées par ces différents fléaux sont nombreuses à faire un choix crucial et commun : celui du départ. S’engage alors un périple extrêmement périlleux, à travers des contrées parfois désertiques, jusqu’à la côte méditerranéenne pour à terme réussir la traversée vers l’Europe (pour ceux qui la « choisissent »). Les routes sur le continent sont variées. Si les chiffres ne séparent pas immigration européenne et immigration extérieure, on peut affirmer que l’Allemagne et le Royaume-Uni sont des destinations plus prisées que la France (respectivement 1,5 millions et 600 000 immigrés officiels contre un peu plus de 350 000).

 

La France doit agir pour au moins trois raisons

 

La France est considérée comme un Etat-providence. Certains avancent que la diversité des services sociaux proposés attire peut-être des migrants sur notre sol : cela reste à prouver. Quand bien même, doit-on leur refuser certaines de ces prestations sociales françaises, au titre de leur nationalité ? Le débat est ouvert. Peut-on pour autant les bouter hors des frontières du pays et les empêcher d’y venir en ne mettant aucune mesure d’accueil en place ? La réponse est NON et ceci pour trois raisons.

Premièrement, même s’il n’y avait aucun réfugié en France, et à moins de construire un véritable mur entourant nos frontières (ce qui s’oppose par définition à l’exercice de nos libertés individuelles et à la politique de libre circulation des personnes de l’Union Européenne), on ne peut pas les empêcher d’y venir. Que ces individus ayant affronté des dangers inimaginables renoncent alors qu’ils sont si près du but et à des centaines de milliers de kilomètres de chez eux est peu crédible. Ces considérations relèvent de la psychologie humaine mais il est nécessaire de les prendre en compte : l’immigration ne se résume pas à des chiffres sur du papier, et les associations humanitaires ne cessent d’alerter sur les conditions de vies, tout au long de la route, des réfugiés. On pense notamment au scandale présentant l’existence de camps d’esclavage moderne en Lybie ou au possible empoisonnement de l’eau par les forces de l’ordre à Calais.

Deuxièmement, il paraît évident que cet accueil est nécessaire de part les situations que fuient les immigrés, au nom des droits humains. Il est d’ailleurs inimaginable et impossible de reconduire à la frontière toutes les personnes qui souscrivent à la définition de réfugié et dont la vie est en danger dans le pays d’origine. Il en va de même pour l’accompagnement de mineurs, souvent livrés à eux-mêmes dans notre pays. Ces droits et les obligations qui y sont associées pour les Etats sont régis par la Convention de 1951 relative au Statut des réfugiés, signée à Genève par les Nation Unies. Par ailleurs, le droit d’asile est également inscrit dans la Constitution française, dans le préambule de la constitution de 1946.

Enfin, la dernière raison est la sécurité. Cet afflux doit être contrôlé (ce qui ne revient pas à dire supprimé) sous peine de se retrouver face à une situation ingérable, en premier lieu pour les migrants eux-mêmes. Lorsque des mesures d’accueil et d’encadrement matériel et social efficaces ne sont pas mises en place, on assiste au développement de zones de survie, qui sont contraires aux principes de l’Etat français et dans une plus large mesure à ceux droit international. On peut donner l’exemple de Calais, où les conditions matérielles et sanitaires sont toujours déplorables depuis le démantèlement de la Jungle. Cette escalade aboutit inévitablement à une exaspération à la fois des associations humanitaires et de la population, et des possibles violences.

Quelle réponse va choisir la France ? Après l’intervention du chef de l’État le 15 avril où il a prôné une politique ferme mais pas fermée, les débats à l’Assemblée Nationale sur la fameuse loi Asile et Immigration vont s’ouvrir. Cette loi, qui fait énormément débat, provoquant l’ire des associations de défense des droits humains, semble même diviser les députés de la majorité… Affaire à suivre.

 

Il ressort donc que la France ne peut rester sans réponse face aux flux de migrations. Alors que les débats qui concernent cette question vont s’ouvrir, elle se doit de prendre sa part dans l’accueil des réfugiés, à cause de l’ampleur des flux, mais aussi en raison du droit international. Enfin, elle se doit d’assurer la sécurité des migrants et des citoyens, en proposant une solution pérenne et digne de ses principes. Si la guerre et la pauvreté sont les causes principales de ce phénomène, notre pays doit aussi anticiper les conséquences du dérèglement climatique, qui pourraient s’avérer catastrophique dans un avenir proche.

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Martin Hortin

Etudiant en électronique mais passionné par l'écriture, l'actu, et le sport, j'espère pouvoir transmettre certaines clés pour une meilleure compréhension de notre monde !

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