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« KOD » : la thérapie psychédélique de J. Cole

« KOD » : la thérapie psychédélique de J. Cole
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Si le rap est une drogue, J. Cole est un très bon dealer. Avec KOD, le rappeur américain nous sert un album psychédélique à la limite de l’hallucination, et à consommer sans modération. Critique.



 

★★★★☆ – À ne pas manquer

 

« There are many ways to deal with the pain ». Et le nouvel album de J. Cole en est une.

KOD, utilisé à la fois pour Kids On Drugs, Kids Overdrugged, ou encore Kill Our Demons, est le cinquième opus du rappeur de Caroline du Nord. Tout au long de cet album pour le moins conceptuel, J. Cole nous plonge dans une Amérique ravagée par la drogue et le culte de l’argent. C’est, en somme, un univers bien différent des deux précédents albums du rappeur, qui étaient beaucoup plus intimistes. KOD a ainsi le mérite de nous prouver que J. Cole ne se limite pas qu’à un seul genre. Ici, les instrumentales sont psychédéliques, et le flow du rappeur est démonstratif, comme si, au fil des morceaux, J. Cole était lui-même sous l’emprise d’une drogue mystérieuse. Pour renforcer cet effet, Cole invente d’ailleurs deux featurings avec l’énigmatique kiLL Edward, qui n’est d’autre que lui-même avec la voix sur-modifiée, comme un genre d’alter-ego, un démon intérieur.

 

Drogue et argent comme thèmes principaux

 

« Cet album ne veut en aucun cas glorifier l’addiction », est-il écrit sur la pochette de l’album où trône J. Cole, au-dessus de six enfants zombifiés, déshumanisés par la drogue. Cela pourrait sonner comme un paradoxe, mais pourtant, au fil des morceaux, il semble que l’objectif de KOD est plutôt d’adoucir, d’apaiser, voire même de désintoxiquer. J. Cole refoule ses démons et ceux d’un pays dévasté, à l’image du morceau FRIENDS dans lequel le rappeur n’hésite pas à blâmer le système et les politiques américains du fléau de la consommation ultra-abusive de toutes sortes de drogues. Avec les titres Motiv8 et ATM, J. Cole intensifie sa critique du rêve américain, qui est devenu centré sur la quête perpétuelle du toujours plus d’argent, par tous les moyens. Enfin, dans Kevin’s Heart, l’artiste prend le point de vue d’un amoureux de la drogue qui tente de l’éradiquer de son système et de sa vie, après qu’elle l’ait conduit jusqu’à la luxure et la tromperie. Ainsi, cet album n’est ni une critique pure, ni un genre de trip exagéré, mais plutôt une thérapie. Le mot d’ordre : expulser pour mieux cicatriser.

 

 

Un album auto-produit de A à Z

 

KOD avait été annoncé par J. Cole lui-même sur Twitter, deux jours seulement avant sa sortie. L’annonce était simple, spontanée : « New album. KOD 4/20 », et avait alors été retweeté près d’un million de fois. La surprise était totale, et donc d’autant plus appréciable. A l’heure où d’autres rappeurs, comme Drake, usent et abusent de la visibilité médiatique à coup de clips et d’apparitions télévisées, J. Cole préfère tout faire tout seul. C’est en effet un rappeur très solitaire, qui semble aimer se charger lui-même de tout, de la production à la promotion. En témoigne le fait que depuis ses deux derniers albums, 2014 Forrest Hills Drive, et 4 Your Eyez Only, J. Cole ne s’entoure jamais d’aucun producteur ni d’aucun featuring. La preuve que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

 

KOD est avant tout un album conceptuel, qui s’écoute sans interruption, comme une histoire. En plus de nous prouver sa capacité perpétuelle de renouvellement, J. Cole nous démontre également qu’il ne faut pas forcément être attendu pour être apprécié, et que l’effet de surprise paye bien plus qu’une attente superficielle.

 

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Alice Ancelin

Etudiante de 21 ans en classe prépa aux concours des écoles de journalisme, à Paris. Lilloise de coeur. Je me nourris exclusivement de rap, de Ghibli, et de Stephen King.

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